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 Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. | Emma Oneglia

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MessageSujet: Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. | Emma Oneglia   Mer 21 Sep - 21:42

Ce soir je serai la plus belle pour aller danser.
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Dans un autre contexte Renzo rirait du ridicule de sa situation. Il pourrait même se demander s'il avait fait quelque chose de mauvais, de répréhensible, dans une autre vie. Encore que, répréhensible selon les avis, c'était déjà totalement la définition de ses activités mafieuses. Mais ça, c'est une autre histoire. La fâcheuse question de son choix d'orientation n'avait plus été abordée depuis que l'italien ne vivait plus avec ses parents et qu'il avait quitté l'école. Depuis qu'il avait coupé le contact avec ses proches. Autant dire que ça faisait très longtemps. Le nuage pourrait presque se sentir nostalgique de cette famille qu'il a laissé derrière lui en partant. Bien qu'il en ait une autre maintenant, un peu spéciale et très agitée.

L'homme ne chercha même pas pourquoi il avait accepté de se retrouver au milieu de tous ces gens. Il ne possédait aucun point commun avec eux. N'avait pas cette bourgeoisie clairement mise en avant. Ni aucune opinion politique qui ne lui permette de tenir une conversation toute la soirée.  Elle ne lui avait tout simplement pas laissé le choix. Il ne se souvenait pas être si facilement manipulable... En revanche il se souvenait parfaitement comment tout ça avait commencé.

Le dernier membre de la Varia avait reçu un texto sur son portable quelques semaines auparavant qui pour une raison inconnue l'a plongé dans la perplexité. Il faut dire que ce message n'était en rien explicite. Pire, pendant quelques minutes il songeait fortement à un canular. Avant de se reprendre et de se souvenir que ce n'était pas le style de son interlocuteur. Absolument pas. Renzo sur le moment prit simplement le parti d'ignorer le message qui le perturbait tant. Il aurait parfaitement pu l'oublier si l'émetteur ne se montrait pas tant insistant. Ce fut donc sous une avalanche de nouveau texto qu'il abdiqua. La menace sous-jacente ne laissait place à aucun refus. À son plus grand désespoir. Pourtant bon nombre de personne correspondait bien mieux au profil recherché que lui. À croire qu'eux n'avaient pas de dette à rembourser. Les veinards. Pour cette unique raison il avait accepté de servir de cavalier à une cause perdue -selon lui.

C'est ainsi qu'il se retrouva devant l'appartement d'Emma Oneglia. Hésitant encore entre faire demi-tour et occuper plus efficacement son temps ou se manifester et entrer. Après un faible soupir, le nuage se ressaisit et frappa un coup sur la porte. Unique, bref et précis. Une dette reste une dette. Il ne sert à rien de chercher à s'y soustraire. De plus Renzo tient à les honorer au plus vite pour s'en débarrasser. Pour le peu qu'il en possède.

L'attente ne fut pas longue et quand la porte s'ouvrit, l'homme ne s'encombra pas de bavardages inutiles avant de rentrer. Un simple « bonjour » franchit ses lèvres. Renzo ne chercha pas non plus à observer son environnement, ils avaient bien d'autres choses plus urgentes à faire avant que ne débute la fameuse soirée à laquelle il s'était vu convié. À commencer par savoir de qui il devrait spécifiquement se méfier. Parce que fidèle à lui même il se méfierait de tout le monde. Et quel type d'informations voulait glaner Emma. Ça non plus ce ne serait pas de la tarte. Le lieutenant se sentait presque dépité face à cette mascarade qu'il allait devoir jouer. Le plus beau rôle de sa vie. Tu parles. Le plus ennuyant et le moins conventionnel. Il se sentait même plus à sa place dans une bonne baston avec les bruyants de la Varia. Levi et Belphégor en tête.

Une fois installé, Renzo ne se doutait pas que le pire restait à venir. [...]
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MessageSujet: Re: Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. | Emma Oneglia   Jeu 22 Sep - 5:06

Ta journée est merdique, comme d’habitude. Et ça ne risque pas de s'arranger avec la soirée qui t’attends.  Y’a quelques semaines, ton boss t’as annoncé qu’il y avait une levée de fonds de prévue pour un orphelinat de la région. À cela, t’as haussé les épaules, parce que t’en as un peu rien à foutre de ce type de cause. Et puis, il t’a fait comprendre que ce n’était pas une simple levée de fonds ; que ce soir, y’aurait bien plus que le sort des orphelins qui serait traité. Alors forcément, t’as noté cette date dans ta mémoire, tandis que ton enfoiré de boss a profité de l’occas’ pour te dragouiller et regarder tes miches. Et toi, pour te débarrasser de lui, t’as rien trouvé de mieux que de balancer que tu viendrais accompagnée. Cela a fait son effet, y’a pas à dire, puisque cette enflure s’est tout de suite barrée loin de toi. Sauf que voilà, t’es tellement chiante comme gonzesse que t'as personne dans ta vie. Même pas un chat. Alors comment venir accompagnée ? T’as réfléchi à cette question plusieurs jours et puis, tu t’es rappelée de ce type. Ce grand mec qui t’as bien cassé la gueule lors d’une de tes premières missions en tant qu’agent-double. Ce grand mec qui t’en devais une, juste pour rembourser le simple fait qu’il avait bien failli niquer toute ta couverture. Alors, quand tu t’es rappelée de ce grand type, t’as ramené tes pompes chez Xanxus. Comme à votre habitude, vous vous êtes engueulés, tapés sur la tronche et puis finalement, vous avez parlé. C’est alors que t’as réussi à obtenir ce que tu voulais : le numéro dudit italien. Renzo machin-truc, tu te souviens plus trop. Et à vrai dire, tu t’en secoues bien de son nom. Tu te souviens juste de la raclée qu’il t’a mise et ça, ça a bien tendance à te foutre les nerfs en boule. Du coup, tu te trouves presque sympa de lui faire payé sa dette avec ce genre de soirée. T’aurais pu être plus chienne.

Tu regardes ta montre ; t’as encore une heure pour te préparer et tu juges que c’est largement suffisant. Sans te presser, tu montes chez toi et tu commences la grande transformation. T’allumes ta chaîne-hifi qui fait alors hurler du métal allemand. Tu dois bien être la seule violoniste au monde à avoir des goûts musicaux aussi bizarres, aussi éloignés de ce que tu joues sur ton violon. Mais t’es comme ça ; après une journée de merde, le métal est la seule chose qui te détend. Alors tu fais péter les décibels et tu files sous la douche. À vrai dire, tu ne sais pas trop comment on doit se préparer pour ce genre de soirée, mais tu te doutes bien que tu ne peux pas y aller avec ton blouson de cuir. Et encore moins avec tes bottines dans lesquelles tu trottines habituellement. Alors quand tu ressors de la douche, un peu plus fraîche, tu files enfiler la robe de soirée bleue nuit que t’as loué pour la soirée. Louée car, faut pas déconner, t’allais pas en acheter une. T’as déjà pas assez de thune pour t’acheter un nouveau flingue, tu vas pas tout claquer dans un truc que tu ne mettras qu’une fois dans ta vie. T'es dévouée à ton job, mais faut pas pousser non plus.
Et puis commence la grande transformation, celle où tu effaces l’Emma habituelle, tu sais, la mécanicienne complètement désabusée, pour créer l’Emma femme, la fille sûre d’elle et bien dans sa peau. Y’a du boulot et tu t’y mets avec entrain. Les cheveux, la tronche, les jambes, les ongles, tout y passe. Bien sûr, tu galères à arranger tes cheveux sur tes épaules et tu pestes carrément sur les faux ongles que t’essaies de faire tenir comme tu peux. Mais finalement, t’y arrives pas trop mal. Au bout de plusieurs essais, certes, mais t’y arrives et c’est sûrement ça qui te fais sourire devant la glace. Ça ou alors c’est juste que tu t’entraînes à simuler un sourire jovial pas trop crispé. Te connaissant, c’est plutôt la deuxième option. Parce que sérieux, tu te fous carrément des robes. Du moins, tu te le fais croire.

Et puis finalement, tu t’installes dans le salon et tu finalises ta tenue. T’étais en train de te demander comment cacher ton flingue sous tes fringues quand t’entends quelqu’un toquer à la porte. Tu regardes ton portable ; c’est l’heure, c’est donc sûrement lui. Alors tu vas ouvrir et tu le vois. Finalement, il est venu. Ça te surprend presque ; plusieurs fois dans la journée, tu t’es demandée s’il allait tenir sa promesse. Mais vu que t’as trop de fierté, et qu’elle est toujours un peu trop mal placée, tu t’es pas abaissée à lui envoyer un message pour lui rappeler sa promesse. Mais maintenant qu’il est là, tu le laisses entrer et, puisqu’il te salue, tu fais la même chose. Tu lui réponds un : « Salut », ni trop jovial, ni trop froid, et tu le suis dans la salon. Tu grimaces un peu, parce que t’aimes pas que n’importe qui foute les pieds dans ton bordel quotidien. T’aimes pas que les gens voient ce qui te tient à cœur ; que ce soit les boîtes armes que tu bricoles dans un coin du salon, ton violon allongé sur le canapé qui n’attend que d’être frotté, ou encore les bouquins de contes et légendes que t’aimes lire et qui traînent sur ta table. Tu te sens toujours un peu mise à nue devant ces gens et ça te fait grimacer. Mais tu peux pas trop te plaindre, parce que c’est toi qui as invité ce type chez toi. Et puis, t’es trop occupée à baisser le métal qui hurle encore dans le salon. Quand c’est fait, tu détailles la tenue de ton cavalier, un sourcil relevé. Sérieux, Xanxus l’avait pas prévenu qu’il devait venir en costard ? Tu soupires et te mords la joue. Cette enflure a sûrement voulu te faire chier, comme d’habitude. Heureusement pour toi, tu le connais bien et t’as un peu prévu le coup. Désignant le canapé du menton, tu l’invites implicitement à prendre place, sans perdre plus de temps avec des discussions plus ou moins futiles.  

« Y’a les photos des principales têtes gradées Millefiore sur le canapé »

Autrement dit, regarde ça, je reviens dans la foulée. Sans autre directive, tu t’enfuis vers ta chambre où tu ouvres une armoire et sors un costume masculin blanc, une chemise blanche et la cravate bleue assortie à ta robe. Au début, t’avais pas voulu louer le costume masculin assorti à ta tenue. Et puis t’avais pensé à cet enfoiré de Xanxus et tu t’étais vite convaincue que prévoir une tenue de rechange pour ton cavalier, ce ne serait pas une mauvaise idée. Et t’avais raison, pour une fois. Après, tu ne sais pas trop si le truc est ajusté, mais t’en as rien à foutre. Au pire du pire, deux-trois épingles à nourrice et le tour est joué. Du moins, c’est ce que tu te dis pour te rassurer. Mais ça te suffit, alors tu te ramènes, comme une fleur, dans le salon. Tu déposes à côté de lui le costard et tu lui annonces, un poil impérieuse : « Enfile ça ». Et comme pour lui faire comprendre que ce n’est pas négociable, tu désignes du menton sa tenue. « Tu ne peux pas y aller habillé comme ça ».

Et comme tu n’as pas l’intention de lui donner un poil d’intimité, parce que tu n’y penses pas vraiment, tu attrapes tes chaussures et files t’assoir sur un de tes fauteuils. Et puis tu continues la conversation antérieure, comme si de rien n’était : « Apparemment, certains vieux alliés des Vongola comptent se rapprocher des Millefiore ce soir ». Tu refermes la boucle de ta première chaussure et tu passes à la deuxième. « Ils sont censés conclure leur alliance lors de la réception ». Le but est donc de connaître quelles sont ces familles et, ensuite, prendre connaissance des potentielles révélations que feront les anciens alliés sur les Vongolas. Une mission pas compliquée, en somme. Il n’empêche que tu relèves le nez vers Renzo. Techniquement, tu n’as pas besoin de ta boîte-arme, ni même de ton gun. Sauf que sortir sans même avoir un minimum de défense, ça te pose problème. Alors tu te mords la lèvre. Comment planquer ton 9mm sous cette robe ?
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MessageSujet: Re: Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. | Emma Oneglia   Mar 21 Mar - 21:29

Ce soir je serai la plus belle pour aller danser.
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[…] Pourtant ça commençait assez mal. De la musique de barbare allemand à fond en guise d'accueil, un joyeux bordel ambiant et une mécanicienne méconnaissable en robe. Voilà de quoi donner de la matière pour une réflexion philosophique. Vous avez quatre heures. Et il n'avait toujours pas observer son environnement. Renzo avait très peur de ce qu'il pourrait découvrir s'il se faisait attentif. Alors pour minimiser le tout, il prit simplement la pile de photo en main et se contenta de la découvrir. Avec un bel ordre implicite en prime. Et la disparition de son hôte. Mais ce dernier point ne le dérangeait pas tant.

Heureusement qu'il n'y a que les principales têtes gradées des Millefiore. Parce que vu le petit tas, ça faisait déjà pas mal de monde. Pas que le nuage n'était pas capable de noter la moindre caractéristique de ces pontes. Néanmoins, le bénévolat ça allait bien cinq minutes mais il ne fallait pas non plus croire qu'il se vouait à en faire sa spécialité. Une dette est une dette. Ni plus ni moins.

Alors qu'il observait attentivement la cicatrice de l'un des hommes, un peu vieux et un peu bedonnant au passage, Emma choisit cet instant pour revenir de ce qu'il supposait sa chambre ou sa salle de bain. Elle tenait une housse de costume dans la main. Sans plus de cérémonie elle la déposa à ses côtés en lui explicitant qu'il devait l'enfiler. Un ordre, ni plus ni moins. Avant d'en rajouter une couche en précisant qu'il n'avait pas la tenue adéquate. Tout le monde n'est pas parfait et Renzo n'a absolument pas cette prétention. Il serait bien stupide de se laisser prendre au jeu de l'arrogance.

En voyant la demoiselle s'installer dans son salon pour mettre ses chaussures, l'italien en déduisit qu'il n'allait pas avoir d'intimité pour se changer. Pas qu'il en ait vraiment besoin. Cependant, il appréciait grandement quand il pouvait en glaner un peu. Parce que ce n'était pas au domicile de la Varia qu'il en avait. Lussuria venait presque choisir ses caleçons le matin à sa place. Au début c'était quelque chose de flippant avant de devenir habituel. Le fait d'en faire une habitude en soi aussi était assez flippant.

Le nuage fronça les sourcils en entendant les révélations de sa collègue pour la soirée. Il n'aimait pas les histoires de trahisons. Quand son ordre de mission concernait des traîtres, le gardien de la Varia se montrait particulièrement dur. Et si les personnes ne finissaient pas à Vindicare, il les exécutait lui même. « Vermines. » Sifflement qui vient du cœur. Ils ne pouvaient pourtant pas empêcher ça. Ce serait de l'inconscience de leurs parts.

Tout en sortant le costard de la housse et en tiquant allègrement face à la blancheur de ce dernier, le Varia commença à se déshabiller. Il ne mit pas longtemps pour enfiler le pantalon ainsi que la chemise. La cravate lui prit un peu plus de temps. Sans miroir la tâche se révélait plus compliquée. Néanmoins, ce n'était rien d'insurmontable. Le pantalon semblait bien taillé, mais la chemise serrait un peu trop au niveau des poignets. Renzo n'adoptait pas souvent le style décontracté, pourtant il n'eut pas le choix pour cette fois. C'est donc avec les manches retournées jusqu'au coude qu'il termina de se préparer. Il essaya la veste avant de la retirer. Il portait déjà un pantalon blanc, il n'allait pas se coltiner la veste plus que de raison. « Quoi de mieux qu'une réception en l'honneur des orphelins pour créer des alliances visant à offrir plus d'orphelins au monde... » Non Renzo n'était absolument pas sarcastique. Quelle idée.

En observant la demoiselle, le nuage remarqua enfin que leurs tenues semblaient être assorties. « Rassure-moi, nous n'aurons pas à danser au moins ? » Parce que là ce serait le litre qui ferait déborder le vase. Littéralement. En parlant de ça... « D'ailleurs, y aller armé serait préjudiciable ou justement, ne pas être équipé serait-il mal vu ? » Son taser est d'une simplicité affligeante à cacher. Surtout quand il est dans sa boite arme. La boite arme aussi paraît facile à dissimuler. Quand à son anneau, il suffit de le mettre sur une chaîne autour de son cou et le tour serait jouer. À première vue ça semblait plutôt simple pour lui. Pour la Millefiore en revanche ça poserait plus de problème. Sa robe ne comportait pas de poche. S'il ne se faisait pas fouiller elle pourrait toujours cacher une arme dans son sac à main. Cependant, ce n'était pas une option sûre. L'italien se secoua la tête, après tout ce n'était pas son problème.

Ce qui l'inquiétait pour le moment c'était de savoir de quelle dose de sociabilité il devrait faire preuve ce soir. « On doit y être pour quelle heure ? » Pendant encore combien de temps pourrait-il profiter du calme relatif qui régnait ici ? [...]
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MessageSujet: Re: Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. | Emma Oneglia   Ven 31 Mar - 23:12

[…] Sans te débiner, tu soulèves ta robe, dévoilant ce qui ressemble à une jarretière. Que Renzo soit à deux mètres de toi ne te dérange pas dans ta manœuvre. Tu te dis que vous êtes deux professionnels et que, de toute façon, ce n’est sûrement pas les premières jambes féminines qu’il entrevoit dans sa vie. Alors tu te concentres sur ton arme et à la façon avec laquelle tu vas la fixer sur la jarretière. T’essaies plein de trucs, mais tu galères tellement à tenter de le stabiliser que finalement, tu abandonnes. À croire qu’il n’y a que dans les films que cette astuce fonctionne. Dommage. Dans un léger soupir, tu retires tout, gun et jarretière. Puis, tu lèves le nez vers Renzo qui vient de réagir, par une insulte, à l'objectif de votre soirée. T’es un peu surprise par sa réaction ; mais, tu es encore plus étonnée de remarquer qu’il est en train de se dessaper au beau milieu de ton salon. Vu qu'il a l’air plutôt bien parti là-dedans, tu n’oses pas lui dire qu’il peut utiliser la salle de bain si ça lui chante. Tu n’oses pas non plus répondre à son insulte. Peut-être parce que tu ne trouves rien à ajouter ; les mafieux sont des enfoirés, c’est un fait. Au moins, ça fait une chose sur laquelle vous vous entendez.

Ça, et la responsabilité des mafieux sur le nombre d’orphelins dans la région. Et ça, ça te fait grimacer. Le jeune homme vient de toucher une corde sensible, un des seuls sujets qu’il ne vaut mieux pas aborder avec toi. Y’a toujours trop de haine qui en découle, trop de ressentis et de culpabilité mal placée. Et puis, tu n’apprécies pas que les gens osent en parler, tandis que toi, tu n’oses même pas y penser. Mais il y a des jours comme celui-là où ça s’impose à toi et où tu n'as plus le choix d'y penser. Le vertige est tel que tu ne penses qu’à faire disparaître ce mot pour de bon, l’écraser entre tes doigts et le balancer de l’autre côté de l’univers. Et alors tu te rappelles, comme maintenant, que tu ne sais pas comment t’y prendre et surtout, que tu n’as pas la force pour le faire. Alors bien souvent, tu te dégonfles, tu ranges ta colère mal placée dans un coin de ton bide et tu te contentes d’hocher la tête. Comme aujourd’hui. Pourtant, tu aurais pu jouer la cynique à ton tour, en lui signalant qu’il participe aussi à ce grand jeu. Que le jour où il a daigné foutre son nez dans la mafia, il s’est rendu complice de la création de ces orphelins. Qu’à chaque fois qu’il descend un mec, c’est un papa, un oncle, un cousin, un frère, qu’il ampute à une famille. Qu’il aura beau tenter de fermer les yeux, il sera toujours coupable. Y’a un tas de choses que tu aurais pu cracher, un tas de malaises que t’aurais pu lui balancer. Mais tu la fermes. Parce que s’il y a un truc que tu as parfaitement compris en grandissant, c’est qu’à chacun ses problèmes.

Et ton problème, pour le moment, c’est ce flingue. Sans un mot, tu te lèves et te diriges vers le bureau où gisent plusieurs dizaines de boîtes-armes. Ta principale boîte n’est pas là. Merde. Tout en cherchant où tu as pu la ranger, tu écoutes la question de ton cavalier. Et puisque tu doutes de son sérieux, tu tournes le regard vers lui et retiens un sourire. Tu fais du mieux que tu peux pour le masquer, même si cela t’oblige à froncer les sourcils pour marquer un peu faussement ton sérieux. Et puis, tu réponds avec légèreté, comme si la réponse était évidente :

« S’il ne fallait pas danser, je ne t’aurais pas invité ».

Ok, c’est clairement un mensonge ; cependant, ça vaut le coup, juste pour voir sa réaction. Et puis franchement, tu mérites bien une petite une vengeance. C’est quand même à cause de lui que tu t’es retrouvée une semaine en arrêt maladie, avec le dos et les bras en compote, ce qui t’a fait perdre ton rôle de premier violon dans ton orchestre. Ça, d’ailleurs, tu l’as encore un peu au-travers de la gorge. Alors, juste pour la vengeance, ça vaut bien une petite danse. Même si, sérieux, ce n’est pas franchement ton truc. Ton truc, c’est plus le whisky, les clopes et les armes. Les armes comme ton 9mm dont tu ne sais toujours pas que faire. Et justement, le Varia n’a pas l’air certain non plus de la conduite à suivre vis-à-vis des siennes. Tu y réfléchis quelques secondes et te remémores rapidement tout ce qui s’est dit à propos de cette soirée, avant de répondre :

« Les familles de sang des parrains seront présentes ce soir ». Tu lèves le regard vers lui ; lui aussi doit connaître le code d’honneur des mafieux, celui qui interdit tout conflit en présence des femmes et des enfants des parrains. « C’est certainement pour s’assurer que tout se déroule sans incident ». Sans le quitter des yeux, tu réfléchis encore quelques secondes. Tu n’arrives pas à prendre de décision, à décréter s’il est judicieux ou non de prendre son arme. Parce que  franchement, tu te sens mal à l’aise à l’idée de sortir sans elle. Alors tu te frottes le sourcil du bout des doigts, comme à chaque fois que la situation se complique. Et finalement, tu te rends compte que tu le fixes depuis plusieurs secondes et que c’est franchement bizarre comme comportement. Alors, sans réfléchir, tu prends une décision. « On ne prend pas nos armes. Notre mission est une prise d’informations. Nous n’avons pas besoin d'armes pour ça ». Une fois encore, tu marques une pause en le regardant, tu te trifouilles une dernière fois le sourcil, puis tu continues le fil de ta pensée. « Et puis, tu es censé être mon rencard pour la soirée. S’ils te fouillent et trouvent une boîte, j’risque d’avoir des problèmes ».

Et sérieux, des problèmes, tu en as déjà suffisamment. Comme l’angoisse qui vient de surgir de nulle part, celle qui t'as retourné l’estomac à l’instant, à cause d’une toute petite question : est-ce que le visage de Renzo est connu chez les anciens alliés des Vongola ? Si oui, s’ils le reconnaissent, vous êtes foutus. Inspire, Emma. C’est un Varia, il n’est pas censé être connu par tous les clodos du coin. Expire, Emma. C’est un professionnel, il n’y a pas à paniquer pour rien. Fais taire ta paranoïa et concentres-toi plutôt sur les mots du Varia. Inspire. Il te demande l’heure à quelle heure vous êtes attendus. Expire.

« On doit y être dans dix minutes. Faut qu’on parte maintenant. »

D’un mouvement de main, tu lui fais mine de te suivre. Tu ramasses tes clés, fermes la porte derrière toi, puis l’invites à monter dans ta vieille caisse, affectueusement surnommée La Rouille-Mobile. Ton engin, c’est pas une voiture, c’est une épave d’un autre siècle. Mais toi, tu t’en fous : c’est ton bolide. Et de toute façon, tu n’as pas les moyens de t’en acheter un autre. Alors tu t’installes côté conducteur et tu libères le siège passager avant, jusqu’alors encombré de plusieurs partitions de musique. Avec application, tu les ranges dans ta portière, en prenant bien soin de ne pas les froisser, puis tu allumes le contact. À peine la clef tournée, un morceau de jazz se met à hurler dans la voiture. Oups, encore ta sale manie d’écouter la musique à tue-tête. Tu baisses le son avec précipitation et, miracle, tu penses à être polie. « Excuse ». En vrai, tu ne l’es pas tant que ça. D’ailleurs, tu remontes un peu le son, histoire que cela comble les potentiels blancs de la conversation. Et quand enfin, il a attaché sa ceinture, tu démarres et conduis jusqu’au château où a lieu la réception.
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MessageSujet: Re: Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. | Emma Oneglia   Lun 17 Avr - 18:02

Ce soir je serai la plus belle pour aller danser.
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[…] La grimace que lui fit sa cavalière ne perturba pas Renzo plus que ça. Sa réponse en revanche, il s'en serait bien passé. Parce que ça implique qu'il aurait pu ne pas venir. Qu'il pourrait avoir encore une dette à rembourser. Que cette dernière pourrait traîner encore des années. Il ne veut pas de ça. Plus vite il règle ses problèmes, mieux il se sent. Tirer un boulet jusqu'à ce que le propriétaire lui-même l'oublie ne fait pas partie de ses habitudes. Loin de là. Ce n'est d'ailleurs jamais bon d'avoir des dettes dans le monde de la mafia. Quelles qu'elles soient.

Alors il accepte la réponse, de toute façon l'italien n'aura pas le choix. Il haussa donc simplement les épaules. Soit, il s'adaptera. Il pourra se féliciter plus tard de ne pas être une quiche en danse de salon. Même si les conditions d'apprentissage ne peuvent en aucun cas être révélées. Son honneur et sa fierté s'en retrouveraient bafouées. Les pieds de sa cavalière, quant à eux, seront saufs.

La question sur les armes ne resta pas longtemps sans réponse. À l'évocation des familles de sangs, le nuage releva les yeux qu'il avait baissés pour vérifier que sa tenue était correcte. Bien. Donc, l'Omerta ne semblait pas être la seule règle respectée par le camp des Millefiore. C'est une bonne chose à savoir. Pour ne pas se faire repérer du moins. Cependant, se servir des femmes et des enfants légitimes comme bouclier est une méthode que l'italien exècre. Puis quand il est en mission, ce n'est certainement pas ce genre de détail qui l'arrête. Néanmoins, ce soir Renzo ne fera pas de vague. C'est un professionnel.

Le regard que portait Emma sur lui semblait involontaire. Elle avait les yeux légèrement dans le vague. Comme plongée dans un cheminement de pensées. Avec un sourcil complètement en vrac à force de le frotter. Il ne sut pas si elle trouva satisfaction néanmoins, lui eut une réponse claire et précise. Pas d'armes, pas d'anneau, pas de boites.

Son sourcil droit eut un tressautement face à la définition que donnait la Millefiore pour leur mission. Un rencard... Pourquoi diable avait-il accepté déjà ? Ah oui, Xanxus. Si elle lui demandait de jouer les amoureux transis, l'italien allait envoyer paître la mission et rentrer vite fait. Lui, il assassine, collecte les informations, observe, espionne, effectue les filatures. Il n'a pas le diplôme pour jouer une comédie romantique. Ni un drame Shakespearien tel que Roméo et Juliette.

Avant de se faire embarquer par la demoiselle, Renzo se dirigea vers le miroir de la salle de bains pour remplacer ses lunettes par des lentilles. Colorées. Que ses yeux verts deviennent marron. Il en profita pour ramener ses cheveux en arrière. Il hésita quant à sa cicatrice sur le poignet gauche, mais n'étant jamais visible, le nuage ne pourrait pas se faire reconnaître par cette dernière. C'est fou comme si peu de changement et un simple, non pas sourire, mais rictus pseudo-joyeux pouvait changer un homme. Non pas qu'il soit méconnaissable cependant, de cette façon Renzo était sûr de se fondre dans la masse.

Puis sans attendre, le Varia la suivit. Quand il vit l'état de la voiture, il hésita à lui proposer de s'y rendre avec la sienne. Ne serait-ce que pour être un cavalier honorable. Seulement, elle ne lui en laissa pas le temps. La jeune femme avait déjà démarré. Le volume sonore ne le fit pas broncher. Ce n'était rien ça. Rien du tout. Passer dix années avec la Varia, ça c'était un défi pour les oreilles. L'excuse fut entendue. Mais il n'en fit pas grand cas. En revanche, Renzo n'oublia pas sa ceinture. Oh que non. Déjà qu'il se demandait comment le véhicule pouvait encore fonctionner vu son état. Il n'irait pas risquer sa vie par une telle négligence. Le brun n'eut pas conscience de faire une prière mentale pour que son chauffeur ne soit pas une tarée sur les routes. Conduire en Italie nécessitait déjà de l'expérience, mais si en plus de ça, il ne pouvait pas gérer le véhicule... Juste ciel, il ne voulait pas y penser.

Finalement, ce ne fut pas d'Emma qu'il eut réellement à se méfier. Sa conduite était plutôt calme et dans le respect du code de la route. Ce qui semblait bien rare de nos jours dans le pays. Néanmoins, le type en face qu'ils ont croisé à mi-chemin, lui, il aurait mérité un retrait de permis. Illico presto. Doubler sans visibilité et surtout sans place pour le faire... Tous cinglés dans ce pays.

Ce n'est qu'en arrivant que Renzo prît conscience qu'il n'avait pas lâché la poignée de la portière. Et que son autre main se tenait sur le clip de la ceinture. Prêt à sauter à tous moment. L'instinct de survie. Peut-être qu'il ne se déplacerait plus qu'en avion à présent. Nettement plus sûr et nettement plus rapide comme moyen de transport. Puis tant que ce n'est pas lui qui paye, il n'a pas à se soucier des détails.

Il n'attendit pas bien longtemps pour sortir de la carriole. Cette dernière faisait un peu tache sur le parking au milieu de toutes les voitures de luxes présentes. À croire que tous les invités semblaient pétés de thune. Pas que le nuage se considère comme pauvre, mais une telle exhibition l'exaspérait profondément. Puis en levant les yeux, il se fit la même réflexion sur le château. Trop tape à l’œil. Tout pour montrer que le seigneur du monde vivait ici. Bien que ce ne soit pas tout à fait le cas. Il ne savait pas qui vivait ici, mais ce ne devait être qu'un misérable cafard.

Quand bien même, le Varia sut parfaitement apprécier l'architecture du monument. Il arrivait parfaitement à deviner que la taille des jardins devait être conséquente. Le château en lui-même semblait infini. Il n'avait pas intérêt à se perdre dans les couloirs. Même avec un bon sens de l'orientation, Renzo n'était pas sûr de pouvoir retrouver son chemin dans un tel bâtiment. Peut-être que passer par l'extérieur serait un gain de temps. Mais les fenêtres s'ouvraient-elles toutes ?

Ce fut sa cavalière qui le sortit de sa contemplation des lieux. Analyse serait un terme plus pertinent à bien y réfléchir. Inconsciemment, il cherchait une issue de secours en cas de problème. Une trajectoire sûre.

Jouant son rôle à la perfection, en gardant un rictus plutôt avenant, ce qui est le maximum qu'il puisse faire, Renzo tendit son bras à la demoiselle. Une fois qu'elle s'en fut saisi, il se laissa guider jusqu'à l'entrée de leur petite sauterie. La blague. Il lui en profita pour lui demander faiblement, pour ne pas être entendu, ce qui lui faisait défaut. « Tu connais bien le terrain ? » Toute personne censée se serait renseignée à ce sujet bien avant la mission. Ce qu'il aurait fait en temps normal aussi. Mais cette fois ce n'était pas lui le chef de mission. Alors il se pliait aux bons vouloir de la demoiselle qu'il accompagnait. De plus, il n'était pas con. Connaître le plan de ce château serait forcément une preuve qu'il y a des fuites chez les Millefiore. Emma n'a pas besoin d'être plus surveillée qu'actuellement. Vraiment. [...]
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MessageSujet: Re: Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. | Emma Oneglia   Ven 28 Avr - 0:14


T’aurais apprécié un peu de conversation. Pas que t’aimes spécialement cela, mais quand tu conduis, t'es facilement distraite. Une conversation t’aurait aidé à ne pas partir trop longuement dans tes pensées. Et donc, éventuellement, à préparer moins à l’arrachée l’arrivée de ce fou furieux qui déboule droit devant toi à la sortie d’un virage. Par on ne sait quelle chance, tu parviens à te décaler suffisamment pour qu’il te dépasse sans encombre ; mais ça ne t’empêche pas de grogner et à lui adresser, au passage, un doigt d’honneur bien senti. Le type d’à côté va sûrement se dire que tu n’as aucune éducation, mais tu n’en as strictement rien à péter. Rien ne vaut un doigt d’honneur pour se défouler contre le premier connard venu. Tu l’as compris depuis bien longtemps et depuis, tu ne te gênes plus. Au contraire, tu le tends fièrement à l'enfoiré d’en face puis, une fois la colère passée, le reposes sur ton volant.  
Le reste du trajet se fait sans encombres, les fous du volant semblent emmerder d’autres rues, celles que tu n’empruntes pas. Et comme tu t’ennuies un peu, que tu n’as plus rien pour occuper tes doigts, tu frappes calmement le rythme des chansons sur ton volant. Ça aussi, tu ne peux pas t’en empêcher. On dirait une teu-bé à tripoter ton volant comme ça, à prononcer silencieusement les paroles que tu ne connais pas. Tu ressembles à un poisson hors de l’eau et si tu te voyais, tu arrêterais vite. Mais tu n’y penses pas, tout comme le mec d’à côté, visiblement. Lui, il a l’air trop occupé à s’agripper à sa ceinture pour faire vraiment attention à tes bêtises. Quand tu te rends compte de sa position, tu ne peux pas t’empêcher de placer un sourire railleur sur ta gueule. Et jusqu’au château, il trône sur ta tronche, s’agrandissant à chaque fois que tu lui jettes un regard et que tu constates qu’il y est toujours accroché comme une moule à son rocher. Il s’allonge encore lorsque tu gares la voiture et que tu te tournes vers lui, le sourire narquois :

« Ça va aller ? »

Tu désignes du menton sa position et, le sourire aux lèvres, tu détaches ta ceinture. Tu trouves sa réaction un peu exagérée, mais tu n’oses pas trop te moquer. Ce serait con qu’il te fasse faux bond-maintenant, qu’il te laisse seule au milieu de cette arène remplie de Millefiore. Alors tu te la fermes et sors de ton bolide. Désormais au milieu du parking, l’état piteux de la Rouille-Mobile te saute aux yeux. En même temps, au milieu des Audi, Ferrarri, Alpha Romeo et toute autre bagnole pour pétés de thunes, il y a de quoi se sentir intimidé. Ça se gave bien, en haut. Tu te mords la joue et observes l’allure du château. Ça te fout un coup au bide de voir une demeure si belle, si propre et si grande, alors que le pays vit la gueule dans la merde. Ça t’fait serrer les dents de voir ces murs si hauts, ces façades si épurées, dressées comme une forteresse entre ses propriétaires et le reste du monde. Et puis ça te fout en rogne de voir cette allée si bien balayée, alors que les gens de ton quartier se bastonnent pour un bout de pain. Ça se gave vraiment bien, en haut. Secouant légèrement de la tête, tu verrouilles les portières et t’avances vers ton partenaire, plaçant un sourire de circonstance sur tes lèvres.

Face à lui, tu bugues un peu. Il y a un truc qui te dérange. Tu fronces les sourcils et penches légèrement ta tête sur le côté. Depuis quand ses yeux sont aussi foncés ? C’est étrange, tu aurais juré qui les avait clairs. Et puis, tu as l’impression de ne pas le reconnaître. Ce sont ses cheveux qu’il a changé ? Tu ne sais pas, mais l’attitude du Varia te paraît étrange. Encore plus maintenant qu’il te tend le bras avec un… sourire ? Pour le coup, tu ravales le tien. Il joue un peu trop bien son rôle, on y croirait presque. Heureusement, tu te reprends vite. Tu attrapes ton bras et c’est à ce moment-là que tu comprends ce qui cloche. Non, tu n’es pas le genre de gonzesse qui sortirait avec un gentil garçon, comme celui qu’il fait semblant d’être. Et tu n’es pas non plus du genre à sourire à une œuvre de charité, juste pour faire plaisir à ton patron. Alors tu arrêtes de faire semblant et effaces ton sourire.

« Tu connais bien le terrain ? »

Bonne question. Feintant d’avoir un caillou dans ta chaussure, tu t’arrêtes et t’appuies sur son bras. Tu profites du mouvement pour te rapprocher de lui et répondre, le plus discrètement possible : « Non. C’est un terrain neutre ». Sur ce point, c’est vrai que ça pue. Surtout que vous n’avez pas vos armes. Tant pis, tu te dis que les autres mafieux coincés dans le château sont dans le même bateau que toi. Il n’y a donc pas à s’angoisser.  Tu respires un coup, continues de tripoter tes chaussures pour en faire sortir un caillou imaginaire et t’appuies un peu plus vers le Varia. « Tu n’es pas obligé de sourire. Ils me connaissent là-dedans. Ils savent que je ne suis pas du genre à traîner avec des gentils garçons ». Et c’est ça ton souci, Emma. Tu choisis toujours les pires et ça finit toujours avec des excuses minables sur ton répondeur. Faudrait que t’essaies un gentil, pour une fois. Mais pour le moment, tu n’as pas trop le temps de réfléchir au prince charmant. Tu préfères te battre une dernière fois avec ta chaussure pour la fermer et te redresser.

Accrochée à son bras, tu te diriges vers l’entrée. Tu t’attends à voir des gorilles partout et… Pas du tout. Pas de fouilles, pas de gardes, pas de caméras, que dalle. Tout le monde en a rien à foutre, en fait. Les gens rentrent, sortent, personne n’a l’air de s’en émoustiller. C’est quoi ce bordel. La mine perplexe, tu t’avances vers le mec qui joue l’hôtesse d’accueil. Il te bave un « Bonjour » bien mielleux, auquel tu réponds sans trop de conviction. Puis il t’indique que la salle de réception est sur ta droite, que toi et ton cavalier pouvez entrer, que le spectacle n’a pas encore commencé. Super. Quel spectacle ? Tu ne piges plus rien. Sans plus attendre, tu t’y diriges avec Renzo à ton bras, te maudissant intérieurement d’avoir été si prudente. Et dire que ton flingue aurait passé inaperçu. Tu soupires, avant d’oublier de respirer en entrant dans l’immense salle de réception : d’un simple coup d’œil, tu remarques que tous les mafieux présents dans la salle sont armés. What the fuck ?! Pourquoi ils ont tous leurs bagues et leurs boîtes, ces cons ? C’est un piège ? Un peu déstabilisée, tu sens la chaleur monter jusqu’à tes pommettes. Là, ça sent vraiment mauvais. Mine de rien, tu guides Renzo un peu plus profondément dans la salle, proche d’une porte. Ton côté parano, certainement. Il n’empêche qu’à cet endroit, tu peux observer toute la salle. Tu remarques alors que tous les mafieux sont accompagnés de leurs femmes, qu’il y a même des gosses qui jouent entre les jambes des adultes. Ça ne te plaît pas. Alors, comme pour t’encourager, tu attrapes deux coupes de mousseux dès que le serveur passe à vos côtés. Déjà, cela a le mérite de t’écarter de Renzo de façon naturelle et surtout, il faut le dire, de picoler aux frais du bourge qui vit là. Une pierre deux coups. Les deux coupes en main, tu en tends une à Renzo. T’espères qu’il boit. Sinon, tu vas être obligée de finir ses verres. Ce serait con. Très con. Surtout que ce champagne a l’air pas mal. Et puis, comme il est 19h, que c’est l’heure de l’apéro, tu t’apprêtes de trinquer avec Renzo. Cependant, une masse s’impose à tes côtés et t’oblige à te tourner vers elle.

Et toi qui pensais picoler pénard, à attendre que cette saloperie de vie passe. Mais non, forcément, y’a ton connard de boss qui vient se poser devant toi avec ce qui semble être sa femme. Et il oublie pas de loucher sur ta poitrine, ce con. Ça y est, il te les casse déjà.

« Et voici miss Oneglia, ma secrétaire ».

Cet enfoiré vise là où ça fait mal. Tu manques de t’étouffer. Miss ? SECRÉTAIRE ? Mais il se fout de ta gueule ? Tu sais qu’il ne peut pas balancer que tu fais partie de la mafia, parce que c’est l’Omerta, mais bordel, secrétaire ? Sérieux ? Il veut vraiment que tu le crèves ? Si c’est le cas, il est bien parti : tu veux déjà le bousiller. Sans pouvoir te contrôler, tu l'incendies du regard avec une intention claire de le dégommer à la première occasion. Tu dois te mordre la langue pour ne pas lui balancer toutes les saloperies que tu gardes en réserve depuis des mois. Tu dois aussi resserrer tes doigts sur ta coupe pour ne pas lui balancer ta main dans la gueule. Tu te contrôles comme tu peux, mais tu ne t’abaisses pas à répondre quoique ce soit à ce sombre connard. Tu préfères l’ignorer et jeter un coup d’œil à sa femme. Elle te rappelle quelqu'un. Et visiblement, elle aussi semble te reconnaître. Sans avoir le temps de la saluer, la voilà qu’elle rebondit sur ton nom :  « Oneglia ? Vous êtes la petite fille de Caterina Oneglia ? ». Et même si tu n’as pas envie de répondre, tu acquiesces silencieusement. Et voilà qu’elle te raconte sa vie, qu’elle te raconte qu’elle va à la messe avec ta grand-mère, qu’elle se souvient du bon vieux temps où tu venais avec ta gentille famille, que ça fait longtemps qu’elle ne t’a pas vu le dimanche. Et puis que c'est bien que tu t'engages dans la cause des orphelins, après ce que t'as vécu, et blablabla. Ce qu’elle cause, la vache. Tu n’as même pas le temps de t'énerver, ni même de répondre, parce qu’elle se désintéresse déjà de toi. Elle s’intéresse désormais à Renzo. Du coup, derrière ton verre, tu adresses un sourire moqueur au Varia, du genre : à ton tour.

« Et vous alors, vous êtes le fiancé ? »

Pour le coup, ça a le mérite de te faire avaler de travers. Et, comme si ton patron n’avait attendu que ça, il s’approche de toi pour te tapoter dans le dos. Sans lui laisser la chance de s’approcher, tu t’agrippes à Renzo – désolée – et tousses les milliards de clopes que t’as dû fumer dans ta vie contre son bras -encore désolée. Pardon ? Fiancé ? Rien qu’à y repenser, tu t’étouffes une nouvelle fois. Et la dame n’arrange rien quand elle balance la phrase la plus clichée au monde, comme pour vous rassurer : « C’est mignooooon. Ne soyez pas si timides ! ». Oh mon dieu. En plus de tousser comme une damnée, voilà que tu rougis comme une merde. Sérieux, mais c’est quoi cette soirée. En plus, t’as même pas le temps de te justifier, elle se barre déjà au bras de son mari, en vous lançant des regards entendus. Putain, mais non, maintenant l’info va circuler de partout. Oh god. Et là t’as chaud, mais t’as chaud. « Bordel, lundi au bureau, ce sera l’enfer ». Une soirée et voilà, toute ta crédibilité de gonzesse insensible tombe en morceaux. Et merde, putain. Et ton humeur ne s’arrange pas lorsque tu aperçois le rat de ton labo te montrer du doigt et rigoler avec un de tes collègues. Oh pitié. Eux qui devaient passer inaperçus dans cette soirée, c’est définitivement mort. Dans cinq minutes, il y aura toute la salle au courant.

Feintant que la situation t’est indifférente, tu cales d’une gorgée ton verre, puis cherches déjà le serveur pour une autre coupe – tu en auras besoin – et ton regard se pose sur une personne que tu n’avais pas capté jusqu’à maintenant. C’est un des anciens alliés des Vongola. Toujours accrochée au bras souillé de son cavalier, tu n’as pas besoin de te pencher vers lui pour lui murmurer discrètement : « Parrain à 20 heures ». Au moins, tu ne t’es pas tapée l’affiche pour rien.
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MessageSujet: Re: Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. | Emma Oneglia   

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Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. | Emma Oneglia

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