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 "Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session

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MessageSujet: "Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session   Jeu 29 Aoû - 14:39


Hellcome here, Invité



Identité
Un ptit texte ou >
PSEUDO: Cardinal Red ou Omnos ou Onil
AGE: 22 ans

ET APRES: J'écris depuis mai 2010. Hope you'll enjoy it.




Ce que j'ai fais;

Mini-saga en trois volet ||"Maria's Death". - UC - Death Fic

    Description & postage à venir.


Oeuvre en deux volets basée sur Alaude || "Ouvre les yeux et regardes-moi." -  UC -

    Petite description. Petite description.Petite description.Petite description.Petite description.Petite description.Petite description.Petite description.Petite description.



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MessageSujet: Re: "Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session   Jeu 29 Aoû - 14:43

Petite précision;
Auteure ; Alaude || Valentino Di Masacataro
Époque : Non précisée. Nous dirons la nôtre, par défaut.
Contexte : Une âme peut en cacher une autre.
Autres choses ? : ça faisait un moment que cette idée me trottait en tête, voila tout ♥
► Librement inspiré de ceci & du contexte du Film d'animations "Les 5 Légendes" (ou Rise of the Guardians) : http://www.youtube.com/watch?v=JlbSVrhVYOs
Raison de l'écrit : Pas de raison particulière. J'avais juste besoin de le faire. Il y aura peut-être une suite; peut-être pas.



I PRAY.

Mini-saga


Signification du prénom Sacha
Etymologie : Défense de l'humanité (grec).



Il y a des histoires dont on ne connait pas vraiment le pourquoi de l’existence. Ce n’est pas que l’on ne chercherait pas d’explications, seulement, tout est trop sombre et nous décourage d’avancer bien plus. Nous dirons que c’est ainsi que s’écrit l’histoire incomplète de Sacha. Oh, elle est jolie, la petite Sacha. Souriante, attentive et surtout prête à tout donner pour son prochain, elle inspire l’abnégation et la sympathie de plus d’un imbécile heureux. Mais ça ne lui suffit pas. Ça ne lui suffit plus. La petite Sacha, elle ne comprend pas pourquoi, mais elle se sent vide parfois, comme morcelée.

Elle a l’impression qu’il lui manque quelque chose, mais elle ne saurait dire quoi. C’est perturbant. C’est lassant et un peu fatiguant, mais elle fait avec. Voici un an qu’elle vit ainsi et jusque-là, elle n’a rencontré aucun problème majeur. Juste des déboires d’adulescente sur sa fin d’insouciance. Après tout, Sacha a déjà vingt-deux ans ; il serait temps pour elle de commencer à vivre comme elle l’entend. Mais voilà, Sacha est trop gentille, Sacha est encore trop candide. Elle veut faire plaisir à tout le monde et n’inquiéter personne. Alors elle garde tout pour elle. Pas de larmes, juste des palpitations, ce n’est déjà pas si mal, non ?

Parfois, Sacha, elle s’endort avec difficulté. Elle n’aime pas ces nuits-là. Elle sait qu’elle va cauchemarder, encore. Et ça ne rate que rarement, ce pronostic acide. Lorsque ça arrive, elle se voit, étrangement vêtue, épée en main. Elle voit des ombres aussi ; pleins d’ombres qui se distinguent sur le panorama rendu rouge par un ciel embrasé. Elle entend des rires, des moqueries ; elle se sent très fatiguée, comme à bout de souffle. Et par-dessus tout, l’un de ses assaillants parvient à lui décocher un coup de puissante hallebarde à l’épaule droite, y déposant de ses lèvres de métal, une épaisse entaille d’où jaillit un sang épais, pourpre. Ses yeux s’écarquillent. Elle meurt.

Elle se réveille toujours à ce moment-là, en nage et le palpitant très affolé. Mais surtout, le plus important, son épaule lui fait mal, comme si le coup fatal venait de lui être porté à l’instant. Mais c’est impossible, n’est-ce pas ? Tout ceci n’est qu’un rêve. Un fruit du fantasme, une chose irréelle. Alors, elle tremble, Sacha, parce que c’est douloureux, même si ça finira par s’estomper, comme d’habitude. Pourquoi donc revoit-elle cette scène encore et encore, chaque fois avec davantage de précision ? Ça lui fait peur. Elle a peur, terriblement. Mais elle ne dit rien, Sacha. Car elle ne veut inquiéter personne.

******

Elle soupire. Créature sombre, elle se détache difficilement sur le plateau de ténèbres qui se dévoile devant ses yeux éteins. Son visage est tiré par une fatigue constante et contre laquelle elle ne veut plus lutter. Elle a oublié son nom, ce ne lui est plus utile, de toute manière. Il lui a dit que personne ne la regrette. Ce doit sans doute être vrai. Echo.

C’est comme ça qu’il l’a renommé. Echo. Ce nom résume bien son existence, maintenant. Une onde telle doit forcément s’estomper un jour. C’est ce qu’elle veut. Disparaitre. Être oublié. Ne plus avoir cette dérangeante sensation dans la poitrine, qui la dévore de l’intérieur. Elle ne comprend pas. Elle ne comprend plus. Pourquoi possède-t-elle encore des sensations ? Lorsqu’il la trouvé, il lui avait pourtant dit qu’elle n’était plus qu’une coquille vide, une épave en dérive quémandant son jugement dernier.

Nouveau soupir. Il est plus puissant que le précédent. Ses oreilles captent le son dérangeant de la voix de cet homme … Si temps est qu’on puisse ainsi le définir. Il lui répète que sa vengeance sera bientôt faite et qu’elle lui servira, avant de mourir. Puis il part vers d’autres horizons, pour le moment, la laissant seule dans ce sous-sol froid, dépourvu de chaleur ou de lumière. Ses yeux cernés se sont adaptés à la l’absence de luminosité probante. Elle en a mal aux yeux mais tant pis, elle ne se plaint pas. Un cadavre n’est pas censé pouvoir souffrir, n’est-ce pas ? Hors, c’est ce qu’elle est, un cadavre.

Sa froideur n’a bien d’égal que son inertie.

Elle tend sa pauvre gauche devant elle. Une petite map-monde y apparait. Le monde est si beau. Le monde est si laid. Il lui faut le supprimer. C’est bien pour ça qu’elle est ici, n’est-ce pas ? Sa dextre droite se rapproche de sa comparse pour mieux suinter des ombres affamées. Ces créatures informes s’enroulent autour de la minuscule sphère, jusqu’à l’étouffer. C’est ce qui arrivera sous peu. Alors, Echo referme le poing et la boule noirâtre disparaitre dans un amas de poussière sombre, tombant misérablement sur ce sol déjà lugubre.

Elle sursaute. Pendant une petite seconde, il lui a semblé discerner une petite chaleur, comme un éclat fébrile. Ses yeux frigides tournent de concert vers la seule lumière en haut, celle qui ne la touche même pas.

    « … Toi ? » Murmure-t-elle, le visage toujours inexpressif.

Mais elle se résigne. Ceci n’est que chimère. Ce ne peut pas arriver.

    « Non… »

Mais d’ailleurs, de quoi est-il question ? Echo elle-même ne le sait pas trop. Ce n’est jamais qu’une histoire d’instinct, finalement.


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Dernière édition par Alaude le Ven 30 Aoû - 13:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session   Ven 30 Aoû - 11:56

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Époque : Futur. Plus de dix ans.
Contexte : On ne peut éternellement échapper à son destin.
Autres choses ? : J'aime à offrir une vie complète à mes personnages, même si parfois, je le fais dans le désordre. Maria n'est pas encore crée, mais j'ai déjà son trépas en tête.
Raison de l'écrit : Pas de raison particulière. J'avais juste envie de le faire. Ceci fut rédigé sur cette musique : http://www.youtube.com/watch?v=u0FA1yENqDU



Maria's Death || First Part

Mini-saga


Il regardait depuis sa cachette de fortune ces hommes malmener sa mère. Il ne devait pas bouger, elle le lui avait interdit. Il devait rester à l’abri, cacher entre ces deux tonneaux de vins stockés à même le sol d’une ruelle douteuse. Malgré tout, il garde un point de vue de choix sur la scène qui se déroule devant ses yeux encore innocents ; mais qui bientôt, ne le serait plus.

Ces gens, il sait que ce sont des mafieux. Ils ont des boîtes. Ils ont maitrisés sa mère si facilement, en plus de ça… Ils lui font peur. Qu’est-ce qu’il vont lui faire, exactement ? Pourquoi est-ce qu’on en a après eux alors qu’ils n’ont rien demandés à personne ? Il jouait seulement avec sa mère en mangeant une glace à la vanille, ou et le mal, dans tout ça ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Toutes ces choses qu’il ne comprend pas mais qui le terrorise au point qu’il ne peut même pas pleurer de peur.

L’un des grands gaillards embroche un cube rouge d’une imposante bague surmonté d’un apparat de la même teinte. Il en sort d’une guillotine. Ses hommes de mains y font monter sa mère, avec force. Elle essaie de se débattre, elle n’est pas dupe. Toutefois, elle se retrouve bien vite maîtrisée. Son cou, prisonnier dans ce gibet de bois, la rends proie d’une lame effilée, prête à lui tomber sur la nuque dès que le propriétaire en aura ainsi décidé.
D’ailleurs, il reprend la parole.

    « Pour la dernière fois, Maria : Ou se trouve Sawada Tsunayoshi ?
    -…
    -Tu ne réponds pas ? Tu es sure ? Allons, ce serait bête de gâcher ta vie pour une chose pareille, n’est-ce pas ? Penses à ton fils, voyons.
    -Il ne viendra pas.
    -Hu ?
    -Il ne viendra pas. Tu as parfaitement entendu ce que je viens de dire.
    -Et pourquoi ça ?
    -Parce que.
    -Oh. C’est regrettable. Vraiment.
    -Ahaha, comme si Tsuna allait ve-. »

Schling.
La lame s’abat sur ce cou gracile. Le sang jaillit et l’enfant n’en croit pas ses yeux, depuis sa futile cachette. Maman ? Qu’est-ce qu’ils lui ont fait ? Pourquoi tout ce sang ? Maman ? Pourquoi ne bouge –t-elle plus ? Ma… man ? Quelques larmes finissent par couler malgré tout. Il est mort de panique.

    « Dans ce cas tu ne m’es plus d’une quelconque utilité et … Ah, te voila enfin ! »


Ces derniers mots sont destinés à un nouvel arrivant. Blond, la trentaine passé, des yeux océans et un air aimable inimitable – avec toute l’ironie du monde. Il s’arrête et jauge la scène morbide avec un certain recul. Son expression de change pas. L’assassin s’avance vers lui et pose ses mains sur ses épaules de manière très amicale.

    « Content de te voir, Valentino ! »

L’enfant ne fait alors plus attention au discours, groggy pas ce mal qui ronge son cœur profondément. Et, alors qu’il pensait ne plus rien avoir à craindre, maintenant que sa mère avait tout donné pour lui, voici qu’une main l’immobilise par derrière, se plaquant avec force sur sa bouche.
Il tente de scruter son plausible assaillant, craignant la douleur. Mais rien ne vient. Rien, à part une phrase unique.

    « Restes tranquille microbe ou je te jure que je te fais sniffer un rail de coke pour t’assommer. »

Il obtempère, la peur le muselant. Voici qu’on le hisse sur un muret discret, pendant que le meurtrier de sa mère a le dos tourné. On l’emmène loin, loin, si loin. Il ne voit plus le sang. Il ne voit plus sa maman. Tout est fini. Tout va recommencer. Encore.


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MessageSujet: Re: "Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session   Ven 30 Aoû - 13:06

Petite précision;
Auteure ; Alaude || Valentino Di Masacataro
Époque : Futur. Plus de dix ans.
Contexte : On ne peut éternellement échapper à son destin.
Autres choses ? : J'aime à offrir une vie complète à mes personnages, même si parfois, je le fais dans le désordre. Maria n'est pas encore crée, mais j'ai déjà son trépas en tête.
Raison de l'écrit : Pas de raison particulière. J'avais juste envie de le faire. Ceci fut rédigé sur cette musique : http://www.youtube.com/watch?v=u0FA1yENqDU



Maria's Death || Second Part

Mini-saga


Qui pourrait croire que, quelque part sous cette ville animée qu’est Florence, un jeu dangereux de vie ou de mort se déploie sans craindre d’être arrêté par qui ou quoi que ce soit ? Peu de gens, il est vrai. Regardez ces civils qui marchent la fleur au fusil, tranquillement, sans se douter de l’angoisse qui tord les entrailles de certains individus, six mètres en dessous d’eux.

A l’instar des catacombes de Paris, en France, les égouts de la ville étaient une cachette parfaite pour quiconque supportait de mettre son odorat à rude épreuve le temps de les traverser. Ils restaient toutefois un lieu de choix pour perdre ses ennemis et adversaires dans le but d’avancer le plus tranquillement du monde – si on savait éviter de marcher sur de la mousse suintante – vers une potentielle sortie non grillagée.

C’était précisément ce qui avait poussé un quatuor d’individus à s’y engouffrer volontairement. Plus ou moins. Parmi le petit groupe, à la lueur des torches, on distinguait aisément les visages de deux parrains de la Mafia ; Sawada Tsunayoshi en tête de file et Valentino Di Masacataro juste derrière le premier nommé. Dans le dos du blond trainait un peu deux de ses propres gardiens, la Pluie et le Soleil. Personne hormis le grand blond à la barbe marquée ne semblait très à l’aise, ici-bas. Plus particulièrement le Boss Vongola.Ceci dit, avoir un pistolet braqué entre les omoplates n’est pas le moyen le plus efficace pour se détendre, il est vrai. Le moindre incident était susceptible de déclencher une guerre inter-clans. Une catastrophe pour tout le monde, en somme.

Sawada avait vu son véhicule civil se faire arrêter par les Carcassa sans même une explication et en avait été tiré avec un manque de délicatesse intense. Aucun de ses propres alliés n’était présent, tous occupés à surveiller ou défendre un poste d’observation non loin. Ils étaient tous partis du principe que le Juudaime serait plus en sécurité dans une zone quadrillée par leurs soins. Ils avaient eu tort sur toute la ligne, apparemment.

    « Valentino, que comptes-tu me faire, exactement ? »

La voix du Dixième du nom résonna dans ces galeries hideuses. Nombreux scénarios s’étaient bâtis dans son esprit, sans qu’il ne parvienne vraiment à se fixer sur l’un d’eux. Il commençait vraiment à craindre pour sa vie ; il était clairement désavantagé.

    « Alors ? »

Toujours pas de réponses. Ça devenait stressant et agaçant, à force. Quitte à jouer le tout pour le tout, autant mettre les pieds dans le plat une bonne fois pour toute, se dit le Boss involontaire.

    « Valentino, je t’ai deman-
    -Tu peux pas la fermer, juste deux minutes ? »

Ah, cette fois, il avait eu une réponse.

    « Pourquoi ?
    -Parce que je n’arrive pas à me concentrer sur l’itinéraire à prendre si du blablate comme une donzelle effarouchée.
    -Je ne te permets pas !
    -Pitié, même ta femme est plus masculine que toi.
    -…
    -Et avant que tu ne me casse les pieds encore longtemps avec ton interrogatoire, sache que si tu restes tranquille, ça se passera bien.
    -Tu crois que je vais accorder crédit à tes paroles alors que tu me braques avec un pistolet dans le dos ?
    -Tu voyais un autre moyen de te faire nous suivre sans perte et fracas ? »

Là, il accordait au moins un peu raison au Carcassa. C’était bien vrai, il ne les aurait jamais suivit si ça n’avait pas été sous le coup de la menace. C’est à ce moment-là qu’il entendit, en fond sonore presque inaudible, une sorte d’explosion qui vint se répercuter quelque peu sur les parois graisseuses. Sans bien qu’il comprenne pourquoi, le parrain adverse reprit alors les pleins pouvoirs sur la parole actuelle.

    « Je ne peux pas te dire tout ce qui se trame, mais si on ne t’avait pas sorti de ta bagnole, tu ne serais plus de ce monde, maintenant. »

Tsunayoshi ne dit rien, se contentant de rester le plus zen possible – quand bien même c’était beaucoup lui demander malgré tout. Ses pensées premières allèrent vers sa femme et ses enfants. Il ne savait pas trop quoi penser de tout ça, mais il angoissait à l’idée qu’il pourrait leur arriver quelque chose.

Un bruit sourd se fit alors entendre, de plus en plus perceptible à mesure qu’ils avançaient tous dans ce tunnel infesté de rats. Un bras de lumière pénétrait alors en contrebas dans les entrailles des égouts, surplombant une cascade d’eaux usées, qui allait elle-même se jeter dans la rivière la plus proche. Le petit groupe s’arrêta là et Sawada entendit l’italien ranger son arme. Il le regarda avec un air très interrogateur. Ce dernier lui rendit son mouvement et lui accordât même un petit renseignement, pas forcément réjouissant.

    « Je n’aime pas les Vongola. Toutefois j’aime encore moins que l’on dérange ma tranquillité. Je ne fais pas ça pour toi mais pour moi seul, ne l’oublie jamais, Sawada. »

Le susnommé jeta un coup d’œil furtif à la chute d’eau brune. Pourquoi ils s’étaient arrêtés là, enfaite ? Il sursauta en sentant la main épaisse de son homologue se poser sans un mot sur son épaule. Et puis…

    « Pour ta famille, t’en fais pas. Ta fille est déjà en sécurité avec l’un de tes gardiens. Nous allons tâcher de te ramener Maria et ton fils aussi vite que possible. »

Et avant même que Tsunayoshi n’ai pu dire quoi que ce soit, il se faisait balancé dans la flotte pour une chute d’une dizaine de mètres avant de toucher la surface aqueuse. La surprise avait été telle qu’il n’avait pas eu la présence d’esprit de se servir de ses gants pour voler. Il remonta non sans difficulté à la surface, se débattant comme il le pouvait contre le courant, jusqu’à ce qu’il entende un familier « Juudaime ! ».
Gokudera. Il l’aidait présentement à sortir de cette eau immonde en le hissant sur la berge la plus proche.

    « Go…Gokudera ?
    -Juudaime ! Quelqu’un m’a appelé pour me prévenir de venir vous chercher ici ! Vous allez bien ? »

Tsunayoshi tourna alors la tête vers la cascade mais déjà, les jambes de Valentino et ses gardiens avaient disparues. Il ne savait pas ce qui pouvait bien avoir poussé le parrain Carcassa à lui être venu en aide, mais il lui était tout de même reconnaissait, maintenant.


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MessageSujet: Re: "Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session   Sam 31 Aoû - 17:56

Petite précision;
Auteure ; Alaude || Valentino Di Masacataro
Époque : Futur. Plus de dix ans.
Contexte : Il faut bien se résigner, parfois.
Autres choses ? : J'aime à offrir une vie complète à mes personnages, même si parfois, je le fais dans le désordre. Maria n'est pas encore crée, mais j'ai déjà son trépas en tête.
Raison de l'écrit : Pas de raison particulière. J'avais juste envie de le faire. Ceci fut rédigé sur cette musique : http://www.youtube.com/watch?v=u0FA1yENqDU



Maria's Death || Third Part

Mini-saga


Les pneus du véhicule crissèrent en entrant sur les dalles neuves du Castillo Carcassa. Un individu en descend avec une vélocité certaine ; il parait sur les nerfs. Non, il l’est. Et il valait mieux que personne n’essaie de se mettre en travers de son chemin ou sa fureur pourrait s’exalter contre une personne innocente dans cette sinistre affaire. Sa gorge était nouée depuis qu’il avait appris « ça », comme si un étau l’enserrait sans jamais montrer de faille exploitable pour s’en défaire rapidement.

Colère. Rage. Tristesse. Désespoir. Vengeance. Néant. Douleur. C’était ce qui se ressentait comme émanant de sa personne. Les âmes qu’il croisa dans ses couloirs l’évitèrent soigneusement, tenant tout de même un minimum à la vie. Et finalement, il pousse les portes épaisses d’un bureau stylisé Empire, plongé dans la quasi-totalité d’une noirceur étouffante. Ce n’est malgré tout pas ceci qui l’empêcha de s’engouffrer entre ces murs, sa colère pure pour seule moteur.

Ses yeux, animés par tous les mauvais sentiments imaginables, distingue sans mal la silhouette assise de son homologue, confortablement installé dans son fauteuil de cuir grinçant.

    « Hoy, Sawad-… »

Ni une ni deux, il attrape l’autre parrain par le col et le hisse jusqu’à sa hauteur, supportant le poids de ce dernier sur ses avant-bras. Sa rage est telle qu’il peut alors faire abstraction de beaucoup de chose, présentement. Ses lèvres se délient, enfin.

    « OU SONT-ILS ?! »

Valentino ne sourcille même pas. A la place, il se contente de claquer les doigts de sa main gauche, ce qui a pour effet de faire apparaitre l’un de ses Gardiens avec une urne d’argent dans les mains. Tsunayoshi n’ose y croire.

    « C… C’est vraiment… ?
    -Oui. C’est Maria.
    -Que… Comment ?!
    -Je suis arrivé sur les lieux un poil trop tard.
    -…
    -J’ai pris l’initiative de la crémation. J’pense pas que tu aurais supporté de la voir en plusieurs morceaux. »

Ces derniers mots, pourtant sincères, ravive la haine de Sawada, tout à coup.

    « POURQUOI NE L’AS-TU PAS SAUVE ?! POURQUOI ? TU AURAIS PU !
    -ET RISQUER LA VIE DE MES HOMMES ET DE MA FAMILLE ?! ET PUIS QUOI ENCORE ?! Réponds avec l’italien, sur le même ton d’agressivité intense.
    -….. Elle t’a toujours défendu, TOUJOURS !
    -Tu crois peut-être que je ne le sais pas, abruti ?! fit Valentino en se dégageant de l’emprise du Vongola Écoutes, je suis vraiment désolé, j’te jure. Mais j’ai agis en connaissance de cause pour éviter le plus de victimes possibles. Une guerre n’aurait servi à personne et surtout pas à moi. Maintenant Sawada, si tu n’es pas content, ça m’fait ni chaud ni froid. Je me suis mouillé bien plus qu’il ne l’aurait fallu dans cette histoire pour toi, déjà, saches le. Rien ne m’obligeait à te filer un coup de main et j’aurais très bien pu te laisser exploser dans ta BMW.
    -Pourquoi l’as-tu fais, dans ce cas ?
    -Disons que… Valentino osa un regard envers sa femme et Gardienne aveugle, Lugia, avant de reprendre J’avais mes raisons. Maintenant, c’est à toi de coincer les salopards qui ont fait ça.
    -Et je suis censé m’y prendre comment ?
    -Démmerdes toi, ce n’est pas mon problème. Mais d’abord, récupères ton gamin, tu veux ?
    -…Rin ? »

A ces mots, le Gardien du Nuage Carcassa apparu avec un petit garçon aux cheveux d’ébènes dans les bras. Le dernier enfant de Tsunayoshi et Maria Sawada.

    « Papa ! »

Le petit pleure de plus belle et fonce rejoindre les bras de son père qui ne pensait plus le revoir lui non plus. Il lui caresse le dos avec toute la tendresse dont il est encore capable. Mais un doute le prend alors. Il ancre son regard de nouveau sur son homologue blond.

    « Qu- … ?
    -Ne me fixe pas comme ça, tu aurais fait la même chose pour moi, avorton.
    -…
    -Aller, du vent maintenant, je n’ai pas que ça à faire que de te recevoir dans mon bâtiment. » Dit-il, tout en tournant le dos à son égal, ne lui présentant dès lors plus que l’arrière de son fauteuil.

Tsunayoshi ne dit pas un mot de plus et prends le chemin de la sortie, non sans échapper un « Merci, Valentino » suffisamment sonore pour que le méditerranéen l’entende.

Une fois qu’il eut quitté la pièce, tout en s‘allumant une cigarette, le parrain Carcassa pensât à voix haute, sans doute involontairement.

    « Bon courage, p’tit. »

Il était très songeur à ce niveau. Son épouse vint poser une main sur la sienne, lui rappelant que lui aussi, il avait des choses qu’il ne supporterait pas de perdre. Jamais.

De retour à l’extérieure, la mine grave, le Dixième du nom remonta dans la voiture, Rin blottit contre lui. Seule la voix piallante de Runa, restée sur la banquette arrière dans les bras de Gokudera, en sécurité, parvint à attirer l’attention du petit garçon.

    « Rin ! »

L’enfant fut soulagée de voir sa grande sœur en bonne santé. Le bolide démarra alors, ramenant toute cette famille, maintenant morcelée vers le Castillo Vongola, à quelques kilomètres de là.

    « Rin… Elle est ou maman ? »

Rien ne sera plus jamais comme avant.


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MessageSujet: Re: "Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session   Lun 2 Sep - 22:10

Petite précision;
Auteure ; Alaude || Valentino Di Masacataro
Époque : Gross modo un peu plus de vingt ans plus tard, soit, Twenty Years Later.
Contexte : "Bonjour, je suis un sale gosse et j'm'apelle Rin Sawada, futur Parrain Vongola."
Autres choses ? : J'ai eu envie d'écrire cet OS un peu humoristique - du moins, plus que ses prédéceseurs - en écoutant cette musique : http://www.youtube.com/watch?v=Y2D0sCDB2Pw
► Et puis bon, j'voulais faire un cadeau à Tsuna, histoire de me racheter de tout ce qu'il se mange entre Alaude et Valentino, ah ah.
Raison de l'écrit : Pas de raison particulière. J'avais juste envie de le faire, comme ça, spontanément. Il y aura peut-être une suite; peut-être pas.



Juste pour cinq minutes de

plus...


One Shot


Il est sept heures, le réveil sonne.
J’ai encore besoin de faire un petit somme.
Juste pour cinq minutes de plus, je serais à l’heure pour prendre le bus !


Une masse de cheveux noirs gigote un peu sous la couette, dépassant à peine du lit douillet dans lequel est enfoncé son propriétaire légitime. Rin, de son nom complet Rin Giotto Sawada, est un adolescent de quinze ans tout ce qu’il y a de plus normal sur cette planète. Oui, il râle, oui il est chiant et par-dessus tout, oui, il a un foutu mauvais caractère. Paraitrait qu’il le tient de sa mère, ça aussi.

Tout ça pour dire que rien ne le différencie de la majorité de ses camarades du même âge. Absolument rien. Ou alors si, mais il s’agit d’un tout petit détail, n’en doutons pas. Il est le fils du Dixième parrain de la famille Mafieuse Vongola, la plus puissante organisation criminelle de la planète – et ce n’est pas l’acharnement du paternel à vouloir la rendre meilleure qui avait réussi à nettoyer son image ; pas encore, du moins.

Pour revenir au sujet principal de ce One-Shot, il faut savoir qu’aujourd’hui était le début d’une semaine d’examens blancs, en Italie. Le gosse n’allait donc pas y échapper et pour son plus grand malheur, alors que la plupart de ses copains étaient encore au collège, lui était déjà au lycée, ayant sauté une classe l’année passée. Comme on dit, parfois le sort s’acharne. Lui, il ne profiterait pas de sa grasse matinée de sitôt. Mais bon, ça ne l’empêchait pas de prendre encore quelques minutes pour somnoler un peu et se préparer ensuite, pas vrai ?

    « …Rin ? »

Oh, tient, ça, c’est la voix de sa sœur ainée. Bizarre, d’habitude il part de la maison avant qu’elle ne soit levée. Elle est matinale ce matin, dis donc. Ça ne lui ressemble pas, quand bien même elle n’apprécie pas non plus de faire la marmotte sous ses draps. Tch, Rin ne la comprendrait jamais. Et puis …Non, minute. Quelque chose n’allait vraiment pas, ce matin.

    « Luna… Tu veux quoi ?
    -Tu n’es pas déjà parti ?
    -Ben non j’ai le temps, tu crois quoi ?
    -Oh…Je pensais, vu l’heure…
    -Mais non, il est sept heures cinq…
    -…quante.
    -…Hein ?
    -Bah oui, il est sept heures cinquante !
    -SANS DECONNER ?! »


Sept heure cinquante, je viens de me lever.
Je vais être en retard au lycée !


Ni une ni deux, le futur prétendant au titre de onzième parrain saute de son lit et enfile les premières fringues qui lui tombent sous la main, sans même se poser de question. La poisse, il devra se passer de petit déjeuner, ce matin. Encore, dirait ceux de mauvaise foi. Non, enfaite, ils auraient raison, car ce môme est un habitué des arrivées extrêmes en cours. Au mieux il arrive trois secondes avant la fermeture des portes, au pire une heure après. C’était une habitude, chez lui. La génétique, probablement.

Il salut à peine sa sœur ainée et dévale les escaliers, fraichement habillé. Sauf que, une fois arrivée en bas de l’immense escalier de soixante marches, il réalise quelque chose.

Baskets, T-shirt et pantalon… Putain j’ai pas mis mon caleçon !

Et le voilà qui remonte le pan de bois, en pestant à haute voix, comme d’habitude, ne se souciant qu’à peine qu’il puisse réveiller les autres occupants du manoir, son père en pole position. Oh puis non, pour ce dernier il n’avait aucun scrupule, ça lui ferait les pieds. Finalement, il arrive à attraper ce qui lui manquait, l’enfile, et reprends le chemin de son arrêt de bus, en quatrième vitesse. Ça, il ne l’a jamais compris, qu’on ne l’emmène pas en cours dans l’une des belles berlines Vongola. « Pas de traitement de faveur. » dirait un certain casse-pieds. Mouai. N’empêche qu’il perd du temps, là.

J’ai décidé de plus me lever car mon réveil, moi je le hais !
Je ne comprends pas les gens qui font ça, car demain tout recommencera !
Dormir encore, dormir toujours, de toute façon j’serais à la bourre.
Juste pour cinq minutes de plus,
J’ai encore rêvé d’un cactus.


Le voilà arrivé devant le lycée, pile à l’heure de la fermeture des grilles. Il s’engouffre dans l’enceinte du bâtiment et grimpe jusqu’à sa salle de classe, son habituel air aimable collé à la gueule. Le voici qui prend place sur son pupitre ou l’attends déjà une feuille vierge pour son examen blanc du matin et…

FUCK.

Il avait oublié son sac avec toutes ses affaires dans sa chambre, en remontant pour réenfiler son sous-vêtement. Sa tête vient se coller à sa table, de désespoir, tandis qu’une aura de plus en plus sombre l’entoure alors.

    « Putaiiiiiiin ! Le seul truc que m’aura refilé le vieux aura été sa malchance légendaire ! »

Au moins, il était lucide, lui.

▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬

Il est six heures, le réveil sonne.
Okay cette fois-ci là j’abandonne.
Je sais que j’dois aller travailler, mais j’arrive pas à me lever.
Aujourd’hui ce sera grasse matinée, j’ai décidé d’pas aller bosser.
Viens là réveil que je débranche…
Ah mais en fait, là c’est dimanche !


Oui. C’aurait presque pu se dérouler de cette façon. A un détail prés. Rin, dix-huit ans, est toujours le fils de Sawada Tsunayoshi. A ce titre, il doit maintenant se préparer à la vie qui l’attend une fois qu’il sera en pleine possession de son anneau du Ciel. Ceci veut tout simplement dire qu’il doit s’entrainer. Tout le temps. Tous les jours. Par tous les temps. Le simple mot « entrainement » commençait à lui courir sur le système, tout comme c’avait été le cas pour son géniteur avant lui – à la différence que le noiraud n’avait pas encore développé une allergie chronique face à ce mot-là.

Aujourd’hui, il voulait juste se reposer et sécher l’entrainement. Après tout, c’pas comme si la tête de gazon allait lui en tenir rigueur, pas vrai ? Aller, on tend le bras, on attrape le réveil et…

Oh, la belle électrocution !

C’est vrai, il avait zappé ce détail, mais à partir de ce dimanche, c’était le sacro-saint Reborn qui allait s’occuper de son cas. Seigneur Dieu, maman au secours. La technique du réveil Vongola était toujours appliquée, avec les branchements un peu partout que Rin avait sur le corps, posés là en mode ninja pendant la nuit par le nouveau tuteur du garçon.

    « Debout, Sasagawa t’attends.
    -Gnuh…
    -Fais pas cette tête, on dirait ton père à quatorze ans.
    -… »

Il n’en fallut pas plus pour le motiver à se sortir de ses draps et se ramasser la figure sur la moquette. Bon, une étape de franchie, déjà.

A l’extérieur, il du entamer par une course à pieds de cinq kilomètres, juste pour « échauffer » ses muscles. Ahah, la bonne blague. Quand on connaissait le programme d’entrainement des Vongola, le terme « échauffement » ne prenait plus du tout le même sens qu’auparavant.

Soufflant donc comme un bœuf, il en venait à se demander comment sa sœur avait pu résister avant lui à un tel traitement. C’est vrai quoi, il ne l’avait jamais entendu se plaindre et pourtant, il y aurait eu de quoi !

J’ai décidé de plus me lever car mon réveil, moi je le hais !
Je ne comprends pas les gens qui font ça, car demain tout recommencera !
Dormir encore, dormir toujours, de toute façon j’serais à la bourre.
Juste pour cinq minutes de plus,
J’ai encore rêvé d’un cactus.


Derrière lui, Reborn arriva à dos de perroquet, histoire de voir ou il en était depuis son départ du Castillo Vongola, trente minutes auparavant. La réponse était évidente, il n’était même pas à la moitié du parcours, mais ça, l’Arcobaleno était surtout persuadé que c’était dû à un manque de motivation intense car Rin avait un corps tout à fait taillé pour ce genre d’exercice. Il fallait juste trouver de quoi le booster.

En fin de compte, le bébé n’aura même pas eu à chercher mille ans car c’est avec arrogance que le métis, sans le savoir, lui apporta tout seul la réponse.

    « T’es pas obligé d’me materner hein, j’suis pas comme mon paternel, j’vais le compléter ton entrainement à la con.
    -Pourquoi tu dis ça ?
    -Parce que. Ce mec n’est pas un exemple.
    -Pour la peine, tu vas me faire cent fois supplémentaire le tour de la Montagne.
    -QUOI ?!
    -Ça entrainera ton corps. Parfait si tu veux devenir le  Onzième.
    -Gngngngn !»

Reborn n’avait pas été toujours tendre avec Tsuna, mais il n’allait pas le laisser se faire trainer dans la boue comme ça, par son propre fils qui plus est. Malgré tout, dans l’esprit de Rin, ça ne changeait rien. Il en voulait à son père qui n’avait pas pu sauver sa mère des griffes de la connasse de Faucheuse, dix ans plus tôt. Il l’avait vu, pourtant, par la suite. Les rares fois où il avait vu son père se battre, il avait senti cette puissance qui coulait dans ses veines. Elle aurait été largement suffisante pour que sa maman reste en vie. Mais non, il n’avait rien fait, malgré toute sa force. Alors, il deviendrait encore plus imbattable que lui. Il lui prouverait qu’il allait le dépasser en tout point.
… Mais bon, en attendant, c’était surtout les courbatures qui le guettaient.


J’ai décidé de plus me lever car mon réveil, moi je le hais !
Je ne comprends pas les gens qui font ça, car demain tout recommencera !
Dormir encore, dormir toujours, de toute façon j’serais à la bourre.
Juste pour cinq minutes de plus,
J’ai encore rêvé d’un cactus.


Fiche codée par UmiBwack sur Epicode.Ne pas retirez.


"Quel Boss? Je ne suis personne."

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MessageSujet: Re: "Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session   Jeu 5 Sep - 0:16

Petite précision;
Auteure ; Alaude || Valentino Di Masacataro
Époque : 400 ans en arrière, à l'époque des Primo, après le retour d'Alaude en France.
Contexte : Les âmes-soeurs incisent bien souvent les coeurs beaucoup plus qu'on ne pourrait le croire.
Autres choses ? : Aloooors, je ne suis, personnelement, pas satisfaite de cet OS. Mai j'ai eu envie de l'écrire quand même et ce, en écoutant "Cercavo Amore Testo" d'Emma, ici http://www.youtube.com/watch?v=NJmn7VS-w0E
Raison de l'écrit : Pas de raison particulière. Juste l'inspiration et rien d'autre. N'hésitez pas à me donner vos avis, à la suite ou en MP, ou autre. Je prends toutes les critiques, tant qu'elles sont constructives, même si je me doute qu'on ne peut pas tous aimer ce genre d'écrit. De plus, j'écris avant tout pour moi et mon plaisir personnel, il se peut donc que mon approche des choses soit maladroite, j'ai conscience de ne pas avoir un talent particulier pour ce type de narration, assez romanesque, dans un sens.



Disparue.

One-Shot || "Mieux vaut avoir aimé et perdu ce que l'on a aimé que de ne jamais avoir aimé du tout." ▬ Proverbe anglais.




    « Toi aussi, tu vas partir ? »

A ces mots, il n’avait pas répondu. Il aurait peut-être dû. Et lui répondre par la même occasion…
…Non.

▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬ ▬

Quelle heure pouvait-il bien être, exactement ? Nul badaud ne semblait y prêter attention pour le moment. Tous étaient majoritairement occupés par les grandes festivités données au cœur du grand château Royal de Chambord. Réellement tous ? Non. Mais nous y reviendrons. Les nobles ne cessaient d’y affluer, trop avide de grappiller la moindre occasion de se faire bien voir auprès de l’actuel Monarque de France pour ne pas prendre la peine de voyager jusqu’à ce lieu reculer, bordé par les luxuriantes forêts environnantes.

Parmi toutes ces âmes, il y avait les gardes du palais, qui gardaient jalousement l’entrée du bâtiment, vêtus de leurs armures lourdes et fort peu pratiques. Bien que féroces d’apparence, ils n’en demeuraient pas moins humain ; des êtres faciles à berner en toutes circonstances. Malgré tout, avec les abondantes rumeurs comme quoi une voleuse dépouillait les riches lors des bals cérémonieux, il aurait été imprudent de ne pas les utiliser pour cette mesure-ci.
Elle se faisait appeler « La Luciole », car on disait d’elle que ses apparitions se faisait toujours au moment où l’on s’y attendait le moins, mais surmontée d’une certaine élégance délicate dans une obscurité déjouée. Exactement comme les insectes du même nom. Cependant, il en fallait bien plus pour impressionner un homme en particulier, que personne n’osait approcher, du fait de son air patibulaire. Son manteau, de facture bien différente que ceux des autres hommes de âge, sur le dos, il restait aux aguets, le regard froid balayant l’assistance à plusieurs reprises, depuis l’extérieur.

Beaucoup s’était demandé ce qu’il venait faire à cette réception pour le moins guindée. Personne n’avait oser lui poser la question, mais la réponse semblait évidence ; il faisait simplement son travail. En effet, il espérait bien mettre sous les verrous cette criminelle ; afin qu’elle soit pendu haut et court pour crime contre la couronne. Il se devait de rendre justice ; d’autant plus qu’elle avait mis par le passé des bâtons dans les roues de son organisation anonyme. Il n’avait guère apprécié, cela va sans dire. Aussi, cette excursion loin de sa chère et tendre Paris avait un double but : assurer la tranquillité des individus et mettre hors d’état de nuire une tâche sombre sur le tableau de son existence.

Alaude marchait autour du Palais depuis déjà deux heures lorsqu’il sorti de la poche intérieur de son veston la montre à gousset qu’il avait reçu de Giotto, quelques années en arrière. Il s’autorisa une pensée vers ses anciens camarades, quand bien même son air de trahissait absolument rien de ses pensées. Que pouvaient-ils bien devenir ? Sans doute étaient-ils restés au Japon, eux. Oui, aucun doute à ce sujet. Ce moment fut empreint d’une certaine marque de nostalgie, si bien que le français vit sa garde se baisser rien qu’un instant.

Et ce fut l’instant de trop.

Des cris lui parvinrent alors, depuis l’intérieur du Château Royal, rayonnant dans cette nuit mi- fraiche mi- suffocante. Il se passait quelque chose. Heureusement pour l’enquêteur, une fenêtre restée ouverte à proximité lui permit de faire œuvre de son passif. Dès qu’il eut posé la main sur la paroi rocheuse, il parvint à se hisser jusqu’à la fenêtre, avec vélocité d’un prédateur. Car oui, c’était bien ce qu’il était. Il en eut d’ailleurs la confirmation dés lorsqu’il posa un pied sur l’encadrement de la fenêtre, dominant ainsi toute la salle remplie de convives par un regard de glace.

A un détail prêt.

Par son arrivée impromptue au travers de l’espace vitré, il avait bloqué dans sa lancée une silhouette qui se stoppa immédiatement en le voyant. Elle portait un loup dissimulant ses yeux, mais le reste du visage était d’une perfection sans appel. En dépit de ce constat, Alaude ne s’arrêta guère à la complimenter, ayant compris ce qui se tramait ici-bas. C’était la Luciole. Entre les doigts gantés de sa main droite pendait un superbe pendentif en perle d’ivoire ; et par n’importe lequel. C’était celui de la Reine, présentement évanouie car ne s’attendant guère à se faire dépouillée de la sorte devant tous les courtisans. Mais en même temps, qui serait apte à se préparer à ce genre de chose ? Personne, sans doute.

Ni une ni deux, le platine jeta une poigne sévère en direction de la fauteuse de trouble – car nul doute à ce propos, il s’agissait bien d’une femme. Mais elle esquiva avec brio et eut tôt fait de choisir un nouvel itinéraire pour partir de ce lieu avec son larcin. L’homme n’était cependant pas en accord avec ces desseins-ci. La seule volonté qui l’animait à présent était celle de l’enfermer jusqu’à ce que mort s’en suive et rien d’autre, c’était tout ce qu’elle méritait. Les gardes en armures peinaient à monter les escaliers avec leurs lourds apparats de métal. Fort bien, il revenait donc à Alaude seul de coincer cette misérable fichtrement rapide en dépit de son accoutrement, paraissant aussi onéreux que celui d’une femme de Marquis plus en bas.

Elle courrait vite et était très agile, anticipant les moindres débouchés de couloirs avec le talent d’une chasseresse experte. Le blond ne se décourage point pour ce simple fait puisqu’il redoubla à son tour de vélocité, séparant de plus en plus l’espace qui stagnait alors entre eux deux.

Il parvint même à lui enserrer son très fin poignet de ses phalanges entrainées, mais la demoiselle usa d’une technique digne des plus grandes vipères contre cet obstacle. Se retournant, elle posa vivement ses lèvres sur celle d’Alaude, suffisamment pour que cela le perturbe quelque peu et qu’il n’accuse plus aussi bien les évènements. Elle en profita pour l’envoyer valser contre un mur d’un simple coup de jambe dansante et continua son échappée vers le toit du Château. Déjà, par-delà les escaliers en colimaçon l’on entendait les pestiférassions des gardes qui ne parvenaient pas à monter aussi facilement qu’ils l’auraient souhaités, avec leurs apparats inutiles face une pareille adversaire de charme.

Remis de ses émotions, une poignée de secondes plus tard, le policier reprit sa charge, débouchant à son tour sur le sommet de la bâtisse. Ses chaussures trahirent son arrivée et il put voir l’insolente sur le rebord du Château, à une dizaine de mètres de lui. Elle ne pouvait plus lui échapper. Elle s’était mise toute seule dans un filet impossible à percer, maintenant. Du moins en était-il convaincu. Il avait simplement omis un détail probant dans son équation.
Il affrontait une femme. Par conséquent, il devait s’attendre à tout.

L’ex-Nuage Vongola se précipita vers elle et attrapa avec force un pan de la robe de l’incriminée alors qu’elle chutait vers l’obscurité, plus en contre-bas. Le tissu lui resta dans les mains. Damnation, elle portait des vêtements d’hommes, en dessous, bien plus pratique pour les acrobaties auxquelles elle prévoyait de se livrer, sans doute. Les réflexes de l’homme de glace étant malgré tout ce qu’ils étaient, ce dernier réussit à emprisonner, l’espace d’un seul instant, l’une des dextres gantées de la jeune femme de sa main libre.

Mais le tissu semblait être également du côté adverse et seul lui resta dans les doigts d’Alaude, tandis que sa légitime propriétaire – même si rien n’était moins sur lorsque l’on parlait d’une voleuse – profitait d’une liberté de mouvement totale pour descendre le flan du bâtiment, à l’aide d’une corde présente là, comme une aubaine.

Avait-elle prémédité son coup ? Si c’était le cas, peut-être possédait-elle des alliés, au sein même de la communauté festive. Bien des questions commençaient déjà à tourner dans l’esprit du blond, toujours très droit et professionnel dans son attitude.

La brise se leva en même temps qu’il se remettait sur ses deux jambes pour observer l’échec auquel il venait de faire face. Le premier. Avant de s’éclipser totalement, la voleuse retira le loup de ses yeux et lança un dernier regard plein de défi à son précédent poursuivant. C’est là qu’il put contempler sans l’avouer le reste de la superbe qu’il avait déjà entre-aperçu en arrivant par la fenêtre, quelques minutes auparavant.

De longs et beaux cheveux sombres, sans doute brun, boursoufflés de boucles généreuses encadrait un visage dont les agapes n’étaient autre que deux ravissantes billes anthracites dans lesquelles la Lune venait de se refléter, les inondant de sa somptueuse lumière.

La Luciole disparue ainsi, dans la nuit qu’était son élément intouchable.

Alaude ne s’expliqua pas cette mascarade. Dans sa main droite se trouvait toujours la robe arrachée et dans la gauche le gant dérobé. Après une seconde d’hésitation, il rangea l’accessoire simple dans le fond de sa poche et laissa chuter la robe dans la noirceur de cette heure tardive avant de tourner les talons pour revenir à son enquête. Peu lui importait que cette création de textiles se perdent sur la cime d’un arbre proche, il avait d’autres préoccupations en tête, pour l’heure.

La prochaine fois, il ne la laisserait pas s’échapper. C’était certain.

▬ ▬ ▬ ▬ ▬

L’heure était à la fête, ce soir-là, au cœur de Paris la Magnifique. Voici trois mois que la Luciole s’était montré aux yeux d’Alaude pour la première fois en chair et en os au Château de Chambord. Il n’avait d’ailleurs pas lâché de vu son objectif qui demeurait toujours de la voir croupir derrière les barreaux d’une geôle de la Bastille pour vols multiples et récidives de fuites.

Il se trouvait en retrait par rapport au reste de l’assemblée, dans un recoin de la salle ou la foule était bien moins dense – sans doute ce fait était-il accru par sa simple présence et son aura glaçante. On lui avait confié la mission de veiller à ce que rien ne perturbe le bal donné en l’honneur de la nouvelle Dauphine de France, récemment marié au plus âgé des actuels Princes. Soit, il s’y tiendrait donc. Sa motivation a resté ici se voyait renforcée par les bruits de couloirs qui annonçait la venue de la voleuse tant recherchée, justement.

Après tout, rien d’étonnant, ce soir se tenait une festivité masquée. Quoi de mieux pour une personne d’une telle bassesse pour se mêler la foule et commettre ses méfaits en toute impunité ? C’est pour cela que l’enquêteur, qui se démarquait bien malgré lui sur ce tableau de robes épaisses et de costumes ridicules, scrutait avec une attention certaine le moindre convive qui parvenait jusqu’à la pièce ou s’exposait, fièrement, le Trône du Pays.

Les musiciens commencent à entonner une Valse de Pianos et Violons, et tous les couples de l’assistance se rejoignirent sur la piste de danse, pour commencer leurs échanges danseurs. C’était un beau spectacle, pour celui qui savait l’apprécier. Non pas qu’Alaude n’aime pas ce genre de représentation, mais il était simplement trop engoncé dans son rôle pour y accorder le moindre crédit. Plusieurs dames lui demandèrent le privilège de l’emmener lui aussi au milieu des valseurs, mais il déclinait à chaque fois, poliment, laissant les donzelles repartir l’égo blessé mais la tête haute. Après tout, nous étions dans la noblesse ; c’était la logique même des choses.

Mais l’attention du platine fut accaparée toute entière, l’espace d’un instant, par un mouvement vers les lustres de cet endroit. Il releva rapidement les yeux pour apercevoir… Une luciole. Non pas la fugitive, mais bel et bien un insecte, qui voletait paisiblement autour des bougies des décors, sans se rendre compte, certainement, du danger qu’elles pouvaient représenter pour lui, pauvre bête fragile. Sans doute c’était-il faufilé ici par l’une des fenêtres grandes ouvertes et ne savait maintenant plus comment en ressortir.

En revanche, la sensation d’être observé avec insistance s’insinua dans les quartiers de ses veines, le soumettant à une très désagréable impression. L’instant qui suivit, ses yeux froids passèrent en revu la salle, ne laissant rien au hasard. Il ne savait pas quoi penser de cette acuité particulière, mais peut lui importait, ce n’était pas ce qui l’intéressait le plus, présentement. Sa main avait déjà agrippé la paire de menottes qui ne le quittait jamais, au fond de sa poche de manteau. Il fallait être préparé à toute éventualité et ne pas laisser la menace s’échapper, sous aucun prétexte. Il n’aurait pas accepté l’idée d’un second échec.

C’est à ce moment-là qu’il la vit.

Ou plutôt, au centre de la piste, encerclée par d’autres couples de danseurs, se trouvait une femme, pendu au coup d’un jeune Duc dont Alaude n’avait retenu ni l’héritage ni même le nom. Les yeux de la cavalière étaient tout entier dirigés vers lui. Il ne fallut guère plus d’une poignée de seconde pour qu’il reconnût ces agapes d’acier derrière ce masque vénitien mais très simple dans sa composition. Le même qu’à Chambord. Elle sourit. C’est elle. La Luciole.

Elle est revenue.

Sans se poser davantage de question, l’ex-Vongola parti braver la foule compacte. Sa proie le remarqua et abandonna son cavalier pour filer vers la sortie la plus proche, un sourire étiré sur ses lèvres rougies par un quelconque accessoire de beauté féminine. Il n’était pas décidé à la laissé faire sans résister de toute sa fougue.

Toutefois, les danseurs, maladroits pour la plupart, ne cessaient de le bousculer – pour mieux s’attirer ses foudres sans doute – et le ralentissait dans sa poursuite. L’incriminée avait une vingtaine de mètres d’avance sur lui mais il ne se décourageait pas pour autant. Cette fois-ci, il l’aurait.

Elle tourne sur la gauche au premier couloir venu, Alaude sur ses talons. L’obscurité du couloir lui masque la vue. Fort heureusement, la prochaine pièce, baignée de lumière, arrange vite la situation. Il l’a tient. Pensant qu’elle aurait toute les chances de lui échapper en se fondant dans une nouvelle foule, elle était partie s’isoler sur un balconnet un peu plus loin, surplombant la Seine en droite ligne. Parfait. Il ne mit même pas dix secondes à la rejoindre et attrapa son bras sans ménagement, provoquant un couinement auquel il ne s’attendait vraiment pas. Lorsqu’il observa bien mieux le visage de sa victime, il dû admettre qu’il venait de se tromper sur toute la ligne. Ce n’était pas la Luciole, il avait fait erreur.

Son premier réflexe – après avoir rendu sa liberté au bras de la jeune innocente- fut de se pencher par-delà le balcon afin de comprendre ou se situait son erreur. Et c’est là qu’il vit son objectif lui adresser de grands signes de mains avant de plonger dans les eaux sombres de la rivière pour ne plus en ressortir. Elle avait disparue sous les remous. Elle s’était joué de lui en le narguant tout simplement, sans rien voler. Enfer. Voici deux fois qu’il manquait de lui mettre la main dessus et deux fois qu’elle lui filait entre les doigts ! Son égo était sérieusement mis à mal. Mais il y avait autre chose de dérangeant, qu’il ne parvenait pas à expliquer.

Qu’était-ce donc ?

▬ ▬ ▬ ▬

Les semaines s’étaient encore empilées sur les vies de tout à chacun et sans que l’on n’y prêt réellement attention, la réputation de la Luciole ne faisait plus autant de vague qu’auparavant. Les badauds s’étaient sans doute lassé d’elle et réclamait maintenant de la nouveauté, même lorsqu’il s’agissait de se faire dépouiller.

En revanche, la fameuse criminelle, elle, se fichait bien que l’on ne lui accorde plus autant d’attention. Après tout, elle n’avait jamais eu besoin de ce genre de chose pour exister et n’en aurait jamais besoin. A l’effigie d’une étoile filante, elle n’était pas destinée à durer dans ce monde ou tout n’était que paraitre. A ce titre, elle comptait bien s’amuser un peu, encore, maintenant que ses employeurs la laissaient un peu tranquille. L’étau autour de cou paraissant moins lourd à portée depuis qu’elle l’avait vu lui, elle avait voulu en savoir plus à son sujet.

Vivre dans la rue toute son enfance durant vous permet d’accéder à une recherche très facile des informations tant souhaitées et ce, à moindre frais, ce qui n’était guère négligeable. En moins d’une petite journée d’interrogatoires ardus parmi l’ensemble de ses connaissances qui se répartissaient dans les bars et les avenues, elle avait réussi à dénicher l’adresse de cet homme, qu’elle voulait revoir, maintenant.

Elle n’était pas sotte. Il pouvait la tuer ou pire, l’emprisonner jusqu’à ce que l’on ait jugé de son sort, mais de toute temps elle avait adoré joué avec le feu. S’y brûler faisait parfois parti du jeu et elle était prête à tenter le coup, quand bien même se pourrait être son dernier.

Le soir venu, ses pas l’avait fait arpenter l’obscure allée qui menait jusqu’à une série de bâtiments, en retrait des Faubourgs de la Ville en elle-même. Il n’y avait pas âme qui vive, mais la Luciole savait d’office ou résidait celui qu’elle recherchait. Elle s’arrête devant une bicoque en bon état, dont seule une fenêtre au premier étage semble avoir été laissée ouverte. Hum, quelle imprudence, pense-t-elle, tandis qu’elle grimpe avec l’agilité et le silence sur les murs pour mieux se glisser à l’intérieur, telle l’intruse qu’elle est tout à fait.

Sans un bruit, elle se fond dans la nuit qui a déjà pris les lieux parfaitement en otage. Ses yeux clairs en profitent pour se balader aux alentours. Tout paraissait très ordonné, au carré. Il manqua d’échapper un petit rire. C’était là tout ce qu’elle attendait de lui. Elle n’était donc point déçu dès les premiers instants, ce qui promettait de faire durer ce jeu du chat et de la souris d’une manière très affriolante.

Ondulant des hanches exactement comme l’aurait fait une vipère en pleine traque, la voleuse parvint jusqu’à la chambre de l’individu ayant tenté de la coincer. Apparemment, il dormait. Le drap sur son corps laissait entrevoir le rythme de la respiration, régulière et mesurée. Elle eut l’envie de pousser le vice plus loin et entra entièrement entre ces quatre murs. La Lune passait au travers de la fenêtre, illuminant ce visage de marbre. Il était vraiment très beau. Inexorablement, elle se sentait attiré vers lui, tout comme l’avait été Eve vers le fruit défendu. C’était étrange comme sensation. Mais pas détestable pour autant.

Alors, se laissant entièrement dévorer par le serpent de l’envie, la belle s’approcha toujours plus et avança même une main vers le faciès de l’endormi, dans l’espoir étrange d’avoir l’occasion d’effleurer seulement la couleur si particulière de sa chevelure étincelante. Et puis…

▬ ▬ ▬ ▬ ▬

Ils s’étaient aimés, cette nuit-là. Oh oui, a n'en pas douté, il n’aurait pu être question d’autre chose. Pourtant, elle n’y avait pas cru immédiatement. Lorsqu’une poigne féroce avait agrippé son poignet pour mieux l’attirer et la coucher sur ce matelas, elle pensait surtout qu’elle s’était fait avoir comme une débutante et qu’à présent, il allait la livrer aux autorités « compétences » pour que son cas soit définitivement réglé sur la lame d’une hache bien entretenue.

Mais non.

Rien ne s’était passé ainsi. Leurs regards s’étaient confrontés, jaugés, avaient tenté de s’intimider, mais d’un côté comme de l’autre, ça n’avait rien donné. Alors, prenant le relais, leur lèvres étaient entrées dans la bataille, annonçant une lutte bien plus au corps à corps qu’aucun d’eux n’aurait pu le soupçonner plus avant.

Les voilà qui dansaient, au cœur de cette réception donné pour le Roi en l’honneur de son anniversaire. Personne ne savait que cette femme, répondant au doux nom de Lucie, était la Luciole, et nul ne s’en souciait. Seul Alaude savait. Seul Alaude savait comment l’aimer à a juste valeur. Cette romance, aussi empoisonnée qu’interdite, s’était étendue sur quatre mois, déjà. Ils ne savaient pas ou tout cela les menait et au fond, sans doute ne voulaient-ils même pas avoir.

Ils auraient dû se poser la question, pourtant.

La valse terminée, ils montèrent ensemble prendre l’air sur le toit du château, celui de Bellevue, cette fois. Il n’était pas très haut par rapport à ses comparses de pierres mais pouvait se vanter d’imposer une certaine prestance, en comparaison des maisons qui bordaient ses flans. L’air du soir était revigorant, mais la demoiselle ne parvenait pas à se détendre, sans que l’on sache bien pourquoi. Elle qui avait été la maitresse des faux-semblants avait l’impression d’agir comme une jeune ingénue effarouchée ; ce qu’elle n’était plus depuis bien longtemps. Son cœur battait vite, la dérangeant. Lorsqu’elle osa un regard en contrebas, elle vit un carrosse à l’arrêt ainsi qu’une charrue remplie de foin, juste à côté. Un soupir passa ses lèvres.

Alaude l’interrogea, soucieux bien que l’on aurait pu jurer le contraire. Elle détourna habilement la conversation, parlant maintenant des étoiles parsemant le manteau de la nuit. Quelques minutes de silence s’invitèrent avant qu’il ne lui prenne la main, y glissant un artifice de tissu sombre. En relevant sa dextre vers ses yeux, elle reconnut l’objet, qu’elle ne pensait jamais plus revoir.

Son gant. Elle pensait l’avoir perdu. Il n’en était rien, bien au contraire. Il n’aurait pu être davantage en sécurité qu’avec cet homme, très certainement. Elle l’embrassa, en guise de remerciement. C’était tendre et amer, sucré et salé, agréable et dérangeant. Tant de choses filtraient à travers ses lèvres qu’un novice aurait pu en avoir la tête qui tourne. Heureusement que l’inspecteur savait faire la part des choses.

Mais, alors qu’il s’apprêtait à lui demander ce qui se passait, un cri strident attira son attention vers l’intérieur de la bâtisse. Il avait relâché son attention, pour la seconde fois. Ce fut encore une fois de trop. Lorsque ses agapes cherchèrent de nouveau sa belle, il ne sentit qu’une brise lui caresser la joue, beaucoup trop tendrement. Il se précipita sur le rebord du toit et aperçu une diligence sombre qui démarrait à toute allure. Par l’une des fenêtres du véhicule émergea la chevelure brune de Lucie. Elle le regardait avec des yeux peinés. Ça ressemblait à des adieux. Brisé. Non, s’en était. Elle avait sauté sur la paille pour amortir sa chute et repartir, sans même lui dire au revoir. Enfin, si, mais à sa manière. Chose qu’Alaude n’avait pas compris. Chose qu’il regrettait, maintenant.

Il ne tentât même pas la folie de courir après cette carriole, sachant pertinemment que le temps qu’il rallie le dernier niveau du palais, elle serait déjà loin de lui. Tout n’avait été que diversion pour qu’elle s’en aille ; encore. Ses pupilles scrutait les ténèbres, alimentant l’esprit torturé du jeune homme par des myriades de question ; la principale étant « pourquoi ? ». Lui, l’homme que l’on disait intouchable, ressentait une extrême frustration face à ce qui venait de lui arriver. Faible. Il était tombé amoureux. Même pour la japonais ayant passé quelque temps avec lui, il n’avait jamais rien ressenti de semblable. Il goutait maintenant au pire des échecs. Son cœur ne s’en remettrait pas. Jamais plus il ne le laisserait aimer. Douloureux, ça l’était beaucoup trop.

De son côté, Lucie était rentré dans la calèche. Son employeur avait menacé d’abattre celui qui avait pendant un temps polarisé toutes ses pensées si elle ne coupait pas d’elle-même les ponts pour disparaitre à tout jamais de cette ville, de ce pays. On avait besoin d’elle et de ses compétences, ailleurs. Qu’il était dur, parfois, de n’être qu’un chien au service d’un geôlier bien pire que le Diable lui-même. Elle ne dit rien, mais ses larmes roulent, toujours plus vite, toujours plus fort sur ses joues poudrées. Le tissu de son gant est imbibé de ces choses-là ; il lui semble même que son odeur y est gravée pour l’éternité.

Elle aussi.

Elle l’avait aimé, chérit au point de s’en damner. Mais elle préférait encore se briser le cœur elle-même plutôt que de laisser se plaisir à son maître. Au moins, ainsi, elle savait pourquoi elle pleurait à chaudes larmes. Elle ne le reverrait jamais plus. Disparue.

▬ ▬ ▬ ▬ ▬

La sonnerie venait de retentir dans l’enceinte du collège de Namimori. L’heure du déjeuner était synonyme de délivrance pour certain, d’ennui total pour d’autres. Enfin, ceci s’appliquait si l'on connaissait un minimum de choses ici pour se débrouiller, ce qui n’était, manifestement, pas le moins du monde le cas de Lisa Strengh.

Jeune expatriée fraichement débarquée d’Angleterre, elle avait bien été obligée de suivre papa et maman dans leurs mutations à l’autre bout du monde, pour « le travail ». Quelle arnaque. Elle avait été contrainte d’apprendre assez rapidement les bases du japonais et bon dieu ce que c’avait été dur ! Alors que toutes ses copines réfléchissaient entre prendre option français et espagnol en cours optionnel, elle n’avait pas eu d’autre choix que d’aller dans ce sens-là. Et encore, elle se débrouillait un peu, mais restait pour l’instant incapable de déchiffrer une phrase entière en kanji standard. Elle avait encore beaucoup à apprendre et ça la désespérait profondément. Elle ne parvenait pas à comprendre comment ses parents avaient pu la jeter si vite dans ce qu’elle appelait « la fosse aux lions ».

Oh, les professeurs étaient gentils, pour la plupart, et comprenait ses difficultés d’adaptation du fait de la barrière de la langue, mais les autres élèves ne l’approchaient pas vraiment. Pourtant, elle n’avait pas la gale ! Enfin, son allure garçonne, avec ses cheveux courts et blonds foncés, ne devaient pas aider des masses non plus. Ce comportement l’exaspérait, mais en bonne européenne, elle avait suffisamment d’égo pour ne pas vouloir le laisser paraitre – avec plus ou moins de succès cela dit.

Lisa se leva de sa chaise, prit ses affaires et fila en direction du toit ou elle pourrait continuer à potasser son livre de langue nippone, tout en mangeant son plat froid. Elle n’adressa la parole à personne et emprunta les escaliers les plus proches pour atterrir à l’endroit tant désiré. Cela dit, il y avait déjà quelques groupes présents et l’expatriée ne tenait pas spécialement à les rejoindre. Aussi, faisant volte-face, le garçon manqué se dirigea vers le côté perpendiculaire du toit, ou il n’y avait pas âme qui vive. Toutefois, la Strengh s’y installa, ne se posant pas plus de question que ça.

C’est alors qu’elle allait rouvrir son bouquin désespérément fade qu’une voix la tira de ses pensées. Relevant la tête, elle tomba presque nez à nez – puisqu’il était perché au-dessus de l’installation des portes- avec un type à l’allure étrange et à la tronche antipathique. Plus antisocial que ça, c’était franchement difficile de trouver. Et pourtant Lisa n’était pas très aimable non plus de nature. Il parle. Trop vite, elle n’a rien compris. Si ce n’est peut-être le dernier mot. Kamikoro-quoi ? Bon, tant pis, elle abandonne l’idée de traduire et lance seulement une phrase maladroite et bourrée de fautes avec son japonais très approximatif ; quelque chose du genre « Tranquille moi laisses ! ». C’est ça, un peu comme si elle avait parlé façon Yoda. Elle n’a guère d’instinct de survie et ça se vérifie bien par ses actions, sinon, elle l’aurait juste bouclé et serait partie trouvé refuge ailleurs. Mais non. Elle aussi avait son caractère, après tout.

Il la jauge du regard mais ne fait pas davantage de commentaire. Après tout, elle n’est pas spécialement gênante. Et puis, plus il la regarde furtivement et plus il a la sensation qu’elle a quelque chose lui étant familier. Pourtant il n’a jamais vu auparavant, ça, il peut l’affirmer clairement. Enfin, ce n’est pas comme si c’était très important, de toute façon.

La pause déjeuner était presque finie mais Lisa n’avait qu’à peine entamé son repas, trop absorbée qu’elle était dans son auto-apprentissage. Le reste de la journée s’annonçait difficile, mais bizarrement, elle n’en avait rien à faire, là, tout de suite. Elle sursauta lorsqu’un « Tu lis quoi ? » vint percuter ses tympans. Ah, encore lui ? Elle se focalisa plus sur son air encore renfrogné que sur le fait qu’elle avait parfaitement compris ce qu’il lui avait dit, cette fois-ci. Au final, elle lui sourit, du bout des lèvres. C’est déjà ça. Dans un sens, elle se sent rassurée, avec cet inconnu qui fait le pied de grue sur le toit. Après tout, personne n’est venu perturber son calme tout du long qu’elle était là.

Il détourne les yeux, elle sourit de plus belle. La sonnerie retentit et elle réalise son étourderie. Lisa se lève précipitamment et prends ses affaires en retournant vers sa salle de cours pour une énième leçon qu’elle ne comprendra qu’au dixième du tout. Lui aussi, il a un air familier… Elle se promet de revenir alors que leurs regards se croisent une dernière fois aujourd’hui.

Finalement, ils se sont retrouvés. Enfin.

Fiche codée par UmiBwack sur Epicode.Ne pas retirez.


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MessageSujet: Re: "Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session   Jeu 5 Sep - 0:20

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MessageSujet: Re: "Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session   Lun 3 Mar - 13:32

Author : Me
For : No reason in particular, only inspiration.
Song : Tawagoto Speaker ▬ Hatsune Miku ( https://www.youtube.com/watch?v=7TqqzhzZIZA )
Comment : Sad story, if you don't like, don't read. (LES PETITS COEURS EN MOUSSE SONT INVITES A NE PAS LIRE!)

Je n’ai jamais compris pourquoi l’on ne m’aimait pas. Je veux dire, je n’avais rien d’extraordinaire, je ne sortais pas des rangs. Je n’étais qu’une fillette normale, souhaitant une vie normale. Mais, qu’est-ce que la normalité, dans ce monde déstructuré ?

Ça a commencé aux alentours de mes six ans. Mes souvenirs ne remontent, de toute façon, pas plus loin. Ils s’y refusent. Qui sait, peut-être que je cache en moi une chose horrible dont il vaut mieux conserver aucun souvenir. C’est possible. On appelle ça là résilience, je crois. Lorsque notre esprit occulte volontairement certaines parcelles de notre vie pour tâcher de rendre notre existence meilleure. Ou du moins essayer. Mais passons, c’est un sujet sans fin, aborder de la sorte.

Enfant, j’étais déjà seule. De constitution fragile, je regardais simplement les autres, assise sur un banc, en train de jouer au ballon ou aux billes. Moi aussi je voulais faire ça. Moi aussi je voulais rire. Moi aussi je voulais…

Et puis un jour, la balle en cuir usé est venue s’échouer à mes pieds. Croyant, toute heureuse, à un coup du destin en ma faveur – pour une fois-, j’ai sauté de la pièce de bois et me suis emparé de ce qui semblait être le plus précieux des trésors à mes yeux de fillette, en cet instant biaisé. C’était sans compter le manque d’envie de mes camarades de m’intégrer à leurs jeux. Je leur ai tendu la balle, pourtant. Mais je n’ai pu les retenir. Ils sont partis, avec un air de dégout sur le visage. Je ne sais pas pourquoi, mais je crois que quelque chose s’est fissuré à l’intérieur de moi, ce jour-là.

A la sortie des classes, ce soir-là, ma mère a accouru vers moi, en voyant ma mine sombre. J’ai souris. Je ne voulais pas qu’elle s’inquiète. Et je lui ai menti, en plus de ça. Lorsqu’elle m’interrogea sur le pourquoi de mon air perdu, je lui ai dit « Ce n’est rien maman, j’ai juste perdu ma poupée ! ». C’était faux. Ma poupée, elle, était bien rangée dans mon sac, à sa place habituelle. C’était certainement la chose qui me quittait le moins ; étant toujours avec moi. J’ai tourné la tête vers le banc ou j’étais assise plus avant. Le ballon était toujours là-bas. Ils n’étaient pas revenus le chercher. Sans doute ne voulaient-ils pas avoir parmi leur arsenal un objet que j’avais touché ? Je pensais avoir trouvé la réponse. Et elle ne me faisait pas plaisir. C’était douloureux.

Oh maman, ne pleure pas pour moi, non.

Mon infortune n’a fait que s’accroître avec le temps. Je devenais de plus en plus isolée et mon entourage fondait à vue d’œil. Je n’ai jamais su pourquoi. Mon entrée au collège reste un vif et mauvais souvenir, malgré tout. Les gens ne m’y aimait pas. Je n’avais rien fait, pourtant. Mais ça semblait être uniquement le fruit d’une envie, typiquement adolescente, de vouloir faire du mal à son prochain. Je ne comprenais pas le sens de ce désir-là. Alors je subissais, en silence, comme d’habitude. Les griefs et les mauvaises blagues firent rapidement parties de mon quotidien.

Et puis un jour, les galéjades verbales ne leur ont plus suffit. Alors que je prenais le chemin du retour, un groupe de quatre individus me stoppa. Je tentais d’abord de les contourner, en évitant leurs regards, que je devinais remplis de mauvaises choses en tout genre. Échec. Ils m’attrapèrent d’abord par l’anse de mon sac à dos pour me faire tomber au sol. Je n’ai rien pu faire. Il y a eu des coups de pieds, des ciseaux et des poings venant s’écraser sur mes côtes encore fragiles. Après une heure, qui me sembla davantage tenir de l’éternité, ils en eurent assez et me laissèrent là, les lunettes cassées – sur lesquelles l’un d’eux s’était amusé à sauter pieds-joints – et le sac éventré. Je ne ressemblais plus à rien, j’en prenais conscience en contemplant mon reflet fatigué sur cette portière de voiture. Encore une fois, j’eus presque l’impression d’entendre une fêlure se former, à l’intérieur. Ça faisait mal, mais différemment de leurs coups physiques.

Je me suis relevée, les genoux et les bras bien écorchés. Après avoir repris possession de mes affaires, je suis rentré chez moi. Ma mère était là, rentrée plus tôt du travail, exceptionnellement. Mince, j’aurai voulu me soigner avant qu’elle ne quitte le travail. Paniquée, elle prit mon visage égratigné entre ses mains si chaudes. J’ai menti, encore. Lorsqu’elle me demanda des explications, j’ai simplement souris en prétextant « Ce n’est rien, je suis simplement tombée dans les escaliers. ». C’est ça, comme si des marches pouvaient couper des cheveux.

Oh maman, ne pleure pas pour moi, non.


Me voici rendue amorphe, des années plus tard. Ah, je ne comprends pas. Je ne me sens ni bien ni mal. Pourtant, j’ai l’intime conviction d’avoir agi comme j’aurai dû le faire depuis bien longtemps. Je suis contente, même si le froid grignote mes muscles, petit à petit. Mon souffle est lent, posé. Qui aurait pu prédire ce qui vient de se passer ? En dépit de ce que l’on pourrait penser, je ne regrette rien. Non, rien. Mes doigts sont poisseux et mes vêtements sont tout tâchés. Ça ne va pas faire plaisir à maman. Ce genre de bavures ne s’efface pas facilement, même avec de l’eau de javel. Mais je n’en ai cure. Je me sens reposée.

Il y a beaucoup de lumière, d’un coup. Ou est-ce que je suis, déjà ? Ah oui, dans un parking souterrain, en centre-ville. Pourquoi j’y suis allée ? Ah oui, je savais qu’ils se regroupaient tous ici, de temps en temps, pour trafiquer des drogues douces. J’ai un sourire sur les lèvres, j’ai envie de dormir. Je vois des crépitements rouges, puis bleus, rouges, puis bleus. Mais il y a toujours cet éclat, braqué sur moi. Ola, il y a beaucoup de gens, maintenant. Comment ça se fait ? Je ne saisis pas ce qu’ils veulent me dire, mes oreilles ne fonctionnent pas très bien. Je crois que je me suis reçu un coup à la tête, tout de même.

Tiens, l’un d’entre eux se tient, tout tremblant, à côté d’un inconnu qui essaie de me parler tout en pointant quelque chose dans ma direction. Qu’est-ce donc ? Je ne discerne pas bien. Je reconnais cependant le fugitif. Il était celui qui réduisit ma première paire de lunette en morceaux. Comment ai-je pu l’oublier ? Il a surement du s’enfuir en profitant d’un petit moment d’inattention, chanceux qu’il est. Ce n’est pas grave, j’ai fait la plus grande partie du travail, je suis satisfaite. Et puis je la vois. Au milieu de la foule, des gens, habillés comme des policiers, la retiennent par les bras.

Oh maman, ne pleure pas pour moi, non.

Je souris encore plus. Je sens que mon visage est rendu laid par les jeux de couleurs diverses présentes ici, dans cet espace réduit. Mes phalanges lâchent ce qu’elles tenaient fermement jusque-là. Ça résonne sur le sol. Maman. Maman. Maman. Pourquoi ces larmes, maman ? Pourquoi tu pleures, maman ? Ne t’en fais pas, maman. J’arrive.

Celui qui me parlait jusque-là fait quelque chose. Ah, je ne m’y attendais pas, à ça. J’ai l’impression de chuter. Oh, mais, en fait, je chute. Pardon maman, je crois que je vais être un peu en retard. Excuse-moi. Je ne voulais pas te mentir, tu sais ? Je ne voulais pas que tu t’inquiètes pour moi, c’est tout. J’espère que tu me pardonneras un jour pour mes bêtises. Je sais que j’ai mal agis.

J’ai encore plus froid, maintenant. Mais ce n’est pas grave, car au fond, je n’ai plus mal. Je ne ressens plus cette douleur que je portais depuis plus de douze ans. Ça fait du bien. Je ferme les yeux, j’ai besoin de dormir.

Ah, si j’avais su, je les aurais tués bien plus tôt.


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"Ses oeuvres ne se résumaient qu'au martyr de son apprentissage." ▬ Art's Session

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